CHAPITRE XIX
Prisca renascuntur \ summo discrimine vitœ Quinis in Domino vinctis par nobile diva Fabula martyrii portarunt. — Haec pia imago Sit juxta tumulos titulus memorabilis ausi K
En face de la slatue de saint Tarsice et de l'autre côté de l'autel, les nombreux jeunes gens qui, à Vaugirard et à la rue de Sèvres, avaient eu le bonheur d'avoir le P. Olivaint pour maître et pour père, ont élevé, par souscription, un riche monument en marbre; le portrait qui le décore, reproduit par la gravure, est celui qui se trouve en tête de ce livre. C'est là, dans cette chapelle, que tous les ans les anciens élèves du collège de l'Immaculée-Conception viennent en foule assister à la messe offerte pour leurs condisciples défunts.
Ils ne font ^n cela que s'associer au grand mouvement de piété qui, depuis sept années, pousse un nombre si considérable de chrétiens vers le tombeau du P. Olivaint. Chaque matin, des prêtres réclament la faveur de célébrer le saint Sacrifice à i'autel des
Tarsice allait, chargé de l'adorable Hostie. Quand, pour ne pas livrer le Pain mystérieux, II tomba sous les coups des païens furieux, Pressant contre son cœur l'auguste Eucharistie.
Et naguère on a vu ce passé refleurir ; Dans cette ville en feu, deux généreuses femmes Portent le Dieu vivant à ceux qui vont mourir. Et des martyrs du Christ réconfortent les âmes.
Pour immortaliser un dévouement si beau, Cette image se dresse auprès de ce tombeau.
kS2 PIERRE OLiVAINT.
martyrs; de nombreux fidèles se pressent à la sainte Table. Il n'est presque pas d'heures dans la journée où l'on n'y trouve quelques suppliants. Les grands pèlerinages partis d'Angleterre ou de Belgique et se dirigeant vers Rome et vers Notre-Dame de Lourdes sont venus, tour à tour, prier en ce lieu naguère inconnu et maintenant célèbre dans le monde entier. De toutes parts, des lettres arrivent, pour demander d'insignes faveurs, et le Père chargé d'y répondre suffit à peine à ce pieux et consolant labeur. Et cependant, ainsi que l'affirme le P. de Ponlevoy, on n'omet rien « pour surveiller, pour contenir la dévotion privée dans les limites posées par l'Église. On interdit absolument, on écarte tout ce qui pourrait sembler un signe de culte religieux. Près des tombeaux point de lampes, ni de cierges ; pas d'exvoto, ni de plaques et d'inscriptions. On permet seulement des fleurs et des couronnes : il y en a bien dans les cimetières. Mais la piété intelligente a imaginé de ne déposer sur les tombes des martyrs que des couronnes rouges et or, emblème de la céleste auréole. Les cinq dalles en sont encadrées, tout le pavé à l'entour en est parsemé ; on en fait des guirlandes le long des murs et souvent on doit enlever les anciennes pour faire place aux nouvelles \ »
Il serait absolument impossible de constater le nombre approximatif des reliques du P. Olivaint, distribuées à profusion. Elles se sont répandues, non-seulement dans toute la France, mais dans les