Lettre à Henri, du 20 février
pour que tu ne tiennes pas à aller jusqu'au bout dans
tes recherches •»
La première entrevue avec le P. de Ravignan fut, de la part du jeune visiteur, contrainte, embarrassée. La discussion qu'il prétendait entamer pour s'instruire, était aimablement acceptée par l'éminent apologiste, mais une condition préalable était exigée.
« Mon ami, disait l'austère religieux, confessez vous d'abord, nous verrons ensuite. »
Se confesser! Olivaint ne l'avait pas fait depuis longtemps, depuis sa première communion, sans doute. Se confesser ! mais c'est à quoi on arriverait en dernier lieu, si la pleine lumière se faisait enfin. Pierre répliqua qu'il était loin, très-loin d'en être là, qu'il lui fallait y réfléchir, et qu'il n'avait plus qu'à se retirer.
En vain le P. de Ravignan lui représentait-il, avec une fermeté tempérée de douceur, que la lumière descendrait avec la grâce dans son âme réconciliée, qu'un acte d'humble foi avancerait plus sa conversion que toutes les disputes. L'orgueil regimbait à la seule pensée de s'agenouiller aux pieds d'un homme. Le pauvre enfant ne songeait pas que Jésus-Christ vit dans son prêtre, parle par sa bouche et bénit par sa main. Obstiné dans sa résistance, il se retira.
Seul dans sa petite chambre, il se mit à prier avec ferveur. « Pour ce qui regarde la foi, dira t-il quelques mois plus tard, la spéculation qui se fait à genoux, les mains jointes, les yeux tournés vers le ciel ou vers une pauvre croix de bois, sur laquelle le Christ est étendu, devient une abondante source dç