CHAPITRE III
tours. En le voyant, en l'écoutant, on sentait que « c'était la vertu qui prêchait la vérité'. »
Cette année-là, il parlait de la lutte perpétuellement engagée entre l'Église et l'erreur; et nul sujet n'était mieux choisi pour enflammer l'âme mililante d'Olivaint. L'admiralion ne fut pas stérile, et l'auditeur convaincu se résolut à tirer des prémisses posées par son intelligence une conclusion pour sa conduite. C'est que, selon le mot pittoresque d'un de ses plus vieux amis, « Olivaint, comme un boulet, allait toujours jusqu'au fond des conséquences. »
La première conséquence fut une visite au P. de Ravignan. Non pas qu'il rendît les armes ; mais ébranlé, troublé, sinon convaincu, il voulait consulter et même, — comme il le déclarait tout d'abord, — discuter.
Cette importante décision, dont toute une vie allait dépendre, fut prise le 22 février 1837, jour anniversaire de la naissance de Pierre Olivaint, et fête de la chaire de Saint- Pierre à Antioche^ Les dispositions où se trouvait son àme étaient exactement celles qu'il s'efforçait d'inspirer plus tard à un autre ami. ce Tu as l'esprit trop sérieux, lui disait-il, pour regarder comme vaines les découvertes que tu as déjà faites dans la religion qui était pour toi, comme pour moi, il y a peu de temps encore, un pays inconnu, quoique nous fussions nés dans son sein; et d'un autre côté, ton amour pour la vérité est trop sincère,
1. Vie du P. de Ravignan, par le P. de Ponlevoy, t. I, p. 220.