‹ Pierre OlivaintChapitre 48 sur 293 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

premières aspirations vers la vie religieuse. — Rapports inlimca et correspondance avec le P. I.acordaire.

Au mois de septembre 1838, Pierre Olivaint, alors en vacances, lut un jour, dans VUnivers, cette note imprimée à la première page, en gros caractères : « Nouvelle consolation pour l'Église. — M. l'abbé Lacordaire est en ce moment à Rome. Il s'y occupe du rétablissement de l'Ordre de Saint-Dominique en France, pensée qui était déjà depuis longtemps la sienne.... Il se propose de revenir incessamment en France pour y réunir quelques hommes d'une foi profonde et généreuse et de retourner avec eux à Rome, où ils feront une année de noviciat, etc...''. »

Acette nouvelle, Olivaintfutému jusqu'aux larmes. Depuis longtemps il répétait : « Seigneur, me voici ; que voulez-vous que je fasse?... > Il lui sembla lire en ce moment la divine réponse- Jésus-Christ lui disait,

l. VUnivere, 11 septembre 1838.

au fond du cœur, comme à l'adolescent de l'Evangile: « Voulez-vous être parfait, allez, vendez ce que vous avez et le distribuez aux pauvres; puis venez, suivezmoi *. » Et loin de s'attrister de cet appel, Pierre en éprouvait une indicible joie. Comme ce jeune homme riche, que n'avait-il de grands biens à quitter pour Dieu? Mais après tout, ne donnerait-il pas beaucoup, en ne se réservant rien ?

Bientôt il apprit que le futur dominicain était à Paris; « qu'il cherchait quelques jeunes gens de foi et de courage, capables de se donner réciproquement les uns aux autres, avec un dévouement sans bornes, mais avec une humilité véritable; qu'il appelait de tous ses vœux de jeunes hommes, des hommes nouveaux qui n'eussent pas jeté ailleurs leur premier fcu^ n

Hippolyte Réquédat se sentit aussitôt touché du même désir que son ami Pierre Olivaint. Tous deux, anciens disciples de Bûchez, s'étaient voués au service de Dieu avec un égal enthousiasme et n'avaient plus d'autre ambition que de s'immoler ensemble par un sacrifice absolu d'eux-mêmes. Ils se firent la confidence de leurs aspirations secrètes; leur vie se ressemblait trop dans le passé, pour ne pas se confondre dans un môme avenir; ils voulaient quitter le monde, embrasser la vie religieuse et répondre les premiers à rappel du P. Lacordaire.

Jamais résolution ne fui plus désintéressée ni plus

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