Joan., XV
âme sous raclion de la grâce, et il nous semble qu'en le reproduisant ici nous aiderons le lecteur à comprendre la transformation analogue qui eut lieu dans les idées d'Olivaint.
« Déterminé à embrasser la vie religieuse, j'étais depuis longtemps accepté par le Provincial des Jésuites de France; et, dès 1836, je me serais soustrait, en entrant au noviciat, à la charge de supérieur du petit séminaire, que m'imposait Mgr Donnet, alors coadjuteur de Mgr l'évêque de Nancy, si le R. P. Morin, supérieur de la maison des Jésuites de Metz et mon directeur, n'eût jugé ma santé trop faible encore pour supporter la discipline et la fatigue du noviciat. J'avais donc été forcé d'ajourner mon projet; mais comme ma santé s'était améliorée, il était décidé qu'aux vacances de 1839 je quitterais le séminaire pour entrer enfin au noviciat. Or, ce fut précisément au printemps de 1839 que l'abbé Lacordaire publia son « Mémoire pour le rétablissement des Frères Prêcheurs ». Le R. P. Jandel raconte quelle vive impression la lecture de cet appel éloquent fit sur son esprit, les perplexités où il tomba et le dessein qu'il conçut d'aller à Rome pour y chercher la lumière. Puis il poursuit : « Je m'en ouvris au P. Morin, qui me répondit qu'à ma place il prendrait ce parti; que seulement il me recommandait de ne rien précipiter, de bien prendre mon temps pour tout examiner et de ne faire ma retraite d'élection à Rome, ni chez les Jésuites, ni chez les Dominicains, afin d'être plus sûr de ne subir aucune in fluence. Dès lors ma résolution fut arrêtée, et aux