‹ Pierre OlivaintChapitre 58 sur 293 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

que j'aime tant; mais aussi mes regrets sont môles d'une joie paisible qui vient de Dieu. »

Pierre Olivaint, durant l'année d'épreuve imposée à son ami, l'avait soutenu, encouragé dans son dessein par sa parole et par ses lettres, enviant son bonheur et attendant que sonnât pour lui-même l'heure de le suivre.

Dieu l'appelait ailleurs; il voulait sous la bannière de saint Ignace celui qui, dans un premier élan, avait failli s'enrôler parmi les premiers compagnons du P. Lacordaire.

Si l'on demande pourquoi Pierre Olivaint, au lieu d'être Dominicain fut Jésuite, il n'y a qu'une seule réponse, c'est que le Ciel en décida ainsi. Les hommes n'y furent pour rien ; tout au plus, servirent-ils d'interprètes à la volonté divine. Olivaint lui-môme ne fut pas l'auteur du changement qui se produisit insensiblement en lui : tout abandonné à la grâce, il se laissa faire. La main de Dieu le plaça où elle voulut; ce fut vraiment l'accomplissement de la parole sacrée du Maître : « Yous ne m'avez pas choisi, je vous ai choisis moi-môme et je vous ai posés dans la voie où il vous faut marcher*. »

Chose remarquable, tandis que Pierre inclinait vers l'ordre de Saint-Dominique, celui qui bientôt allait être le plus illustre disciple de Lacordaire et le vicaire général des Frères Prêcheurs, l'abbé Jandel, songeait à embrasser l'institut de Saint-Ignace. Il a fait lui-même le récit du changement opéré dans son

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