‹ Pierre OlivaintChapitre 62 sur 293 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

Pierre Olivainl à Grenoble.— Mort de sa jeune sœur. — Retour à Paris. Une année au collège hourbon.

La troisième année d'École normale s'acheva pour Pierre Olivaint au milieu de ces incertitudes et de ces graves préoccupations. Tout en aspirant à la perfection de la vie religieuse, il n'oubliait pas que le mieux qu'on ne peut réaliser ne vaut pas le bien possible, et que c'est une illusion de négliger le présent pour songer à l'avenir.

Réduit à vivre encore dans le monde, il se dit que le meilleur parti à prendre était de s'y sanctifier par les deux grands moyens qui s'offraient à lui : le travail et la charité. Le travail était indispensable pour assurer l'existence des siens auxquels il s'immolait. La charité était l'arôme qui préserverait son âme de toute corruption et la préparerait à la vie religieuse, terme éloigné, mais immuable, de ses vœux.

L'heure vint de franchir le seuil de l'École; Pierre ne put la quitter sans regret. N'était-ce pas lu qu'il

Page 1