CHAPITRE VII
M. Frère, que tu connais assez sans doute pour qu je n'aie pas besoin de t'en parler. Écris-moi pour m'apprcndre ta résolution , j'attends ta réponse avec impatience.... »
« Ne tarde pas davantage, je l'en prie. Tu as trouvé la simplicité de l'esprit, va chercher la pureté du cœur. Persuade-toi bien qu'il ne faut pas être chrétien à demi. Tu n'as pas le droit d'élever la voix pour défendre le catholicisme, si tu refuses de te soumettre aux devoirs qu'il impose. Mais tu sais cela mieux que moi ! »
Un jour enfin Pierre eut la joie de conduire Xavier à l'église de Notre-Dame des Victoires. Ce fut comme une marche triomphale; le captif volontaire s'avançait au milieu de quelques amis intimes qui formaient l'escorte. En les voyant venir, le vénérable M. Desgenettes s'approcha d'eux, et frappant amicalement sur l'épaule de l'heureux converti : « Courage, dit-il de sa voix mâle, courage! nous sommes onze millions d'associés à prier pour vous. »
Telle est l'histoire d'une des plus belles conquêtes d'Olivaint. Il était rare qu'on résistât longtemps à la grâce qui, par la bouche d'un tel ami, parlait un lan^ gage si aifectueux et si pressant. Tôt ou tard il fallait céder; comme François Xavier, on rendait volontiers les armes à ce nouvel Tgnace.