‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 118 sur 306 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ce mot qui fit sourire la noble assemblée : « Il m'en arrivera ce qui pourra1 1 »

Ces dénonciations passionnées indignaient Olivaint; il était impatient de protester solennellement contre elles, et de mériter ce nom de transfuge que les ennemis de l'Église lui infligèrent pour avoir passé sous l'étendard de Dieu.

Les interpellations de M. Thiers sur la question religieuse, c'est-à-dire contre les Jésuites, étaient fixées aux premiers jours de mai (18^5). Amis et ennemis s'accordaient à croire que la Chambre des Députés voterait la proscription et que le ministère obéirait docilement aux injonctions de la majorité. C'était donc, à brève échéance, l'exil pour la Compagnie de Jésus et toutes les épreuves qu'il entraîne; c'était la persécution légale, la pire de toutes, avec un long cortège de vexations mesquines, humiliantes, plus difficiles à supporter que les insultes de la populace et les violences brutales de l'émeute.

L'heure parut à Pierre Olivaint bien choisie pour donner à la démarche qu'il méditait toute sa signification. Il rendit visite au R. P. Provincial2 et au P. de Ravignan, et les pria de fixer avec lui son départ au 1er mai, veille du jour où l'orage parlementaire, qui grondait depuis longtemps, devait éclater sur la Compagnie de Jésus.

Certes, il y avait quelque noblesse et quelque fierté dans ce départ, pour une telle destination, à pareil

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