CHAPITRE V
acances de 1839, j'arrivais à Rome après m'ôtrc arête un jour à Viterbe pour y conférer avec le P. La- :ordaire, alors novice au couvent de la Quercia, et y ipprendre de lui avec quelques détails ses espérants et ses projets.
« Dans le désir d'attirer les grâces de Dieu sur 'importante démarche que j'allais faire, etde mieux anctifier mon séjour dans la ville éternelle, je, résous, tout à mon arrivée, d'y faire une retraite. Et omme je ne songeais à prendre aucune détermination ,vant plusieurs mois, je ne crus pas aller contre les onseils du P. Morin en demandant au R. P. de Yilefort à qui j'avais été recommandé par lui et dont 'excellent accueil et l'expression de sainteté m'avaient out d'abord séduit, la permission de faire une reraile à Saint-Eusèbe sous sa direction. Malgré ladisance qui sépare cette maison de celle du Gesù il oulut bien y consentir et j'entrai en retraite au comnencement de novembre dans un grand état de calme t de paix intérieure. Au bout de quelques jours, le | de Yillefort, voyant cette disposition de mon âme, ne proposa de procédera l'élection. Je lui répondis [ue je n'en avais pas l'intention et que je comptais aire à Pâques, dans ce but spécial, une seconde reraite. Il insista en nrengageant à essayer, ajoutant [uece serait toujours une préparation et que si la lunièrenese faisait pas suffisamment, rien ne m'empêcherait alors de recourir à une seconde retraite. Je me conformai à son avis, et après avoir pesé devant Dieu itmis par écrit, 'selon la méthode de saint Ignace, les liverses raisons qui me portaient soit chez les Jésui-
tes, soit chez les Dominicains, je demeurai indécise attendis le P. de Villefort pour les lui communiquer Celui-ci, après les avoir lues, me dit sans hésiter « Offrez-vous au P. Lacordaire, et demain, en celé- « brant la sainte messe, remerciez Dieu de la grâc< « qu'il vous fait en fixant votre vocation. »
« Malgré une décision si nette et si désintéressée je ne pouvais encore me résoudre à la suivre; je voulais profiter de mon séjour à Rome pour la soumettre au Souverain Pontife et recevoir de la bouche du vicaire de Jésus-Christ une réponse qui me fixât pour toujours. J'obtins donc une audience de Grégoire XVI, qui après avoir entendu l'exposé de mes hésitations, se contenta de répondre, avec cette admirable pru dence qui caractérise le Saint-Siège : « Les deux or- « dres ont été fondés par de grands saints; tous les o deux ont donné à lËglise de grands saints, et dans « les deux on peut devenir un grand saint. » Je m'inclinai devant cette réponse; mais je n'étais pas plus avancé. Je voulus alors avoir le jugement du Père général de la Compagnie de Jésus, et l'excellent P. de Villefort consentit encore à se prêter à mon désir. Il eut la bonté de soumettre toute la question au T. R. P. Roothaan et de me présenter ensuite à lui. Celui-ci me dit enm'accueillantavecbonté: «Ne songez « plus à la Compagnie, et soyez Dominicain. » Dès lors iln'y avait plus d'hésitation possible. J'écrivis donc au P. Lacordaire pour me mettre à sa disposition, etpeu après j'allai moi-même le trouvera la Quercia.
« On me pardonnera, ajoute le P. Jandel comme conclusion de cette histoire intime, d'être entré dans