TROUSSEAU DE CLEFS
Par ici, mon général, par ici. . . [au t^ieux domestique) Thomas , ouvrez vite les portes , les fenêtres, les volets, ouvrez tout.
(Le vieux domestique ouvre la porte de la maison du fond ; il entre, et quelques instans après on le voit ouvrant les fenêtres et les volets du haut. )
PIERRE BUISSON, à la vuë du général, âte son chapeau et dit
à part.
Il a une bonne physionomie.
LE GÉNÉRAL BUISSON salue ajfeclueusement Pierre et dit à part à M. Ferkadec, Quel est cet homme ?
M. VERKADEC.
Oh ! c'est un petit laboureur de l'endroit. . . qu'on appelle Pierre Buisson.
LE G,k^i&kL fait un mouvement.
Pierre!. . .
M. VERKADEC.
Oui, ne faites pas attention , mon général, et venez voir...
LE GÉNÉRAL
J'aime ce pays !
M. VERKADEC.
Vous êtes donc décidé, général, à vous y fixer?
tE GF.NÉRAL.
Oui, c'est mon projet.
AiB : Vaudeville de Turenne.
Je crois que ce lieu solitaire
Aura pour moi bien des attraits;
C'est lorsque l'on a fait la guerre,
Qu'on sent tout le prix de la paix.
Contre un danger qui m'inquiète Je dois d'ailleurs m'assurer un abri ; Car l'âge vient ; c'est le seul ennemi
Qui nous oblige à la retraite.
M. VERKADEC.
Mon général. . . l'air est excellent dans ce pays, nous y avons deux centenaires , l'ancien bedeau et le inaître d'école.
LE GÉNÉBAt.
Ah ! ah !. ... le maître d'école vit encore. . . . j'ai habité autrefois ces cantons. . . Tout est bien changé depuis trentesept ans. Je n'y reconnais plus rien. . . ces maisons-là n'existaient pas.
M. VERKADEC.
Mon général , il n'y a que huit ans que la mienne est bâtie.
( Pendant cette scène, Pierre Buisson a pris un balai, et il époussete les toiles d'araignées du devant de sa maison : il est censé ue pas entendre tout ce que dit le général.)