ACTE I, SCENE XII
MABIE- JEANNE.
Ah ça , VOUS avez doue gagné à la loterie ?
PAUL
Pas si bête !
MARIE-JEANNE
Avez-vous trouvé un trésor?
PAUL
A peu près.
BIBI
Mais où est mon oncle ?
MARIANNE
Oii est ma cousine?
BIBI
Nous leur apportons tout plein d'cboses.
Air : Eh ma mère !
A Tiennette je destine
Ce joli fichu d'couleur.,.
MARIANNE
C'tablier pour ma cousine.
PAUt.
C'te robe est pour vous, ma sœur.
Le tout est d'bon teint , j'm'en pique ; Car je n'vous présente ici Que des objets d'ma fabrique...
Et mes quatre fill' aussi.
MARIE-JEANNE
Ben obligé de vos attentions, mais, me direz-vous. . .
PAt'i,, étalant la robe en pièce.
Admirez ce dessin là. . . Quel goût ! hein?. . . C'est d'mon invention. J'en ai fourni déjà dix pièces pour l'département d'Ile-et-Vilaine.
MARIE-JEANNE
Décidément, vot' fabrique n'est donc pas suspendue?
fXVL.
Suspendue !
BIBI
Ben (lu contraire! ça roule joliment maintenant!
MAfilE-JEÀNNE.
Mais il y a queq' jours, vous étiez sur Tpoint. . . .
BIBI
Eh bien , oui , de mettre la clef sous la porte.
PAUL
Et d'être coffré peut-être par-dessvis l'marché; mais, tenez , ma sœur, il y a une providence pour les honnêtes gens.
SISI.
Oh çà , oui , il y en a une !
PAUt.
Figurez-vous qu'samedi dernier. . . c'était samedi , n'estce pas, Bibi?
BIBI
Oui, mon papa. . . Le jour des paiemens, quoi! une fin d'mois, les billets échus et la caisse vide.
PAUL
Elle sait tout cela, elle. . . c'est mon premier commis.
MABIE-JEANNE.
Eh bien ?
PAUL
Eh bien, v'ià que je reçois une lettre de monsieur chose. . .
BIBI
De monsieur Lebon.
PAUL
Notre juge de paix, qui m'invite à passer chez lui sur-lechamp. . . J'y vole avec Bibi.
Y ACTE I , SCÈNE XH. s-
Air : Vive une Jemme de tête.
« Asseoyez-vous , m'dit c'brave homme , Et signez c'te quittanc' là,
— Un' quittanc' !... et de quell' somme ?.. De vingt mill' lï-ancs que voilà.
— Par exemple , v'ià qu'est unique !
Et d'où me vient cet argent ?
— D'un homm' qui, dans vot' fabrique, Veut le placer util'ment.
Il sait qu'vous et' dans la peine, Mais sans l'avoir méritd- ; Qu'si vous éprouvez d'ia gêne , Vous avez d'ia probité.
11 croit fair', d'après c' système, D'son or un usage heureux. »
— Parbleu, me dis-je à moi-même.
Un frèr' n'agirait pas mieux.
J 'profitons d'son obligeance.
Je sign' , j'emport' le magot ; J'pay' tout c'qu'était en souflraace :
V'ià la barq' remise à flot.
Alors, courant d'un train d'poste , Les chalands et les commis, Chacun revient à son poste , Et j'ai r'vu tous mes amis.
MARIE- JEANNE
Cela n'€st pas possible ! . . . Il fallait donc nous écrire ça plus tôt.
PAUL
Non, ma foi, nous notis faisions une fête de venir vous l'apprendre nous-mêmes.