ACTE I, SCENE XIV. 5i
LE GÉNÉRAL
Je suppose bien que nous n'aurons aucune difficulté pour. . .
PAtiL, comme frappé d'une idée.
Ah !.. . si fait !. . . un moment !. . . prenez garde ! Nous avons un frère qui a sa portion sur ce côté-là. ( Il indique les bdtimens à droite. )
LE GÉNÉRAL
Ah ! ah!. . . est-ce que ces vieux bâtimens font aussi par*lie de la vente ?
l'iERRE , vioemen t.
Non, non , mossieu le général; Paul se trompe, ceci n'en est pas. . . Oh! pour un royaume je n'donnerions point c'te grange et c'te chaumière.
LE GÉNÉRAL
J'en suis fâché pourtant. . . j'aurais fait abattre. . .^
PIERRE
Abattre!.. . L'ancienne maison de not'père! que j'conservons comme. . .
MARIE-JEANNE
D'ailleurs, comme dit Paul, mossieur le général, il y a un troisième frère qui a sa portion là-dessus.
PIERRE
Not' frère Jean , qui est parti . . .
PAXJL.
Et que nous n'avons pas revu depuis plus de trente ans.
PIERRE
Le notaire dit bien qu'il y a proscription , et qvi'la loi est pour nous ; mais c'est égal.
^// //* ^'* ■ ^'^""'ons l'amour et le plaisir.
/ / *^^ De c'te loi, comme de ben d'autres,
y7 Assez d'gens sauront profiter; - ,
Mais ce n's'ra ni nous, ni les nôtres.
Qui par cU' voudront hériter.
Moi , je sens bien qu'il en est une
Qui délend d'faire ainsi fortune...
là cette loi des bonnet' gens
Ça n's'ecrit pas , mais c'est là d'dans.
(Il indique son cœur.) LE GÉNÉBAr,.
Je n'insiste plus , mes amis ; vous avez raison , si ce frère revenait un jovir. . .
PIERRE
Ah !...c'estfini,nousnerespérons plus. ..Cepauvre Jean !...
(Ici Henri parait, court à la fenêtre de la ferme , et frappe aux carreaux ; ensuite il se sauve dans le fond , et se cache derrière des arbres.)
PIERRE
AiH : de Monténéro.
Ah ! de revoir ce frère aimé N 'aurons-nous jamais l'avantage ?
LE GÉNÉRAL
, Croyez qu'avec vous je partage
Le vœu que vous avez formé.
Mais patience ,
Oui, patience l Le ciel vous doit la récompense Des vertus dont je suis témoin...
Le bonheur qu'on cherche bien loin Est souvent plus près qu'on ne pense.
TiENNETTE, sw la portc de la ferme.
Mon papa , le notaire est arrivé.
LE GÉNÉRAL
Allons, mes amis, allons dresser l'acte de vente. TOCS reprennent.
Le bonheur qu'on cherche bien loin
Est souvent plus près qu'on ne pense. jV^^
(Ils rentrent tous dans la ferme. Tiennette reste la dernière ; Henri, qui la guettait, accourt k elle, et la retient.)