ENSEMBLE
AiH : N° 1 de l'Héritier de Paiinpol.
Le beau pays que la Bretagne !
C'est un air pur!... un ciel serein!
J'aime surtout à la campagne La promenade du matin !
MARIE-JEANNE
J'somm' vot' servante, monsieur et madame.'^ — Tiennette, offrez donc votre chaise à madame Verkadec.
M""" VERKADEC.
Merci , merci , la bonne femme.
M. VERKADEC, à Tiennette qui apporte sa chaise. Ne vous dérangez pas, ma petite, nous ne vouions pas nous asseoir.
M"" VERKADEC.
Nous marchons pour notre santé.
M. VERKADEC.
Savez-vous , la bonne femme , si quelqu'un s'est présenté pour acheter notre maison ?
(Ils indiquent celle du fond.) MARIE-JEANNE.
O mon dieu, personne. . . C'est comm' nous, not' ferme. . . à moins d'ia donner pour j rien, j' crois que nous serons forcés de la garder.
M. VERKADEC
Ah!. . . mes amis , l'argent est rare.
MARIE-JEANNE
Rare. . . pas pour tout le monde; et si monsieur le voulait bien , i' n' s'rait pas embarrassé de nous prêter làdessus. . . dix mille francs.
m"' vèrradec, a son mari.
( Bas. ) Ne vous avisez pas de cela , entendez-vous ?
MARIE-JEANNE
Quand on est riche, c'est si doux d' rendre servi?e^
M. VERK.ADEC.
Riche ! riche ! Vous vous trompez, ma bonne amie , nous avons des charges, beaucoup dé charges; demandez à ma femme; des non -valeurs , des rentes mal servies, des fermiers qui ne paient pas, la grêle, les orages, le diable! Madame est là povir vous le dire.
m"" VERRADEC.
C'est vrai.
PIERRE BUISSON
Tout r pays assure pourtant qu' vous êtes joliment à votre aise.
M"" VERRADEC.
Le pays. . . le pays ne sait ce qu'il dit. — Monsieur Verkadcc, allons au labyrinthe.
PIERRE BDièsdri, à s^à femme.
T'as bén réiissi, toi, a Vfec tés politesses. [Haut à M. Verkadec , et cVun air un peu piqué. ) J'vois , monsieur , qu' vous avez peur de compromettre vos fonds ; vous avez tort; et j'suis ben sûr qu' monsieur vot' fils, s'il était à vot' place , ne se serait pas tant fait prier.
M™' VERRADEC, SB retournant viùemènt.
Mon fds!... Je trouve bien singulier que vous mêliez mon fils dans une affaire pareille ! Est-ce qu'il vous a jamais donné à penser qxvil eût d'autres scntimens que lès nôtres?