Pierre-Paul Rubens
fôoivs daox fions avons consacre une partie de nos veilles à l'histoire de 0iiobens ; nous célébrons en ce moment sa gloire trois fois séculaire, et par tone heureuse rencontre ; vous et moi, nous célébrons en même temps l'anniversaire d'un quart de siècle d'amitié. G' est pourquoi je me permets de vous dédier ce petit volume.
15 août 1877.
G. 9luelens.
Ce petit volume se compose d'une série d'articles insérés, à la demande de M. Camille Lemonnier, dans l'Art universel et dans ï Actualité, du 15 février 1874 au 15 juillet 1877. Nous tenons à indiquer ces dates : nos articles ayant déjà été utilisés, ça et là, sans indication de source, pourront ainsi défendre, s'il y a lieu, leurs droits d'antériorité.
Nous tenons aussi a dire de suite que nous n'avons pas eu l'intention de faire un livre. On s'en apercevra, du reste, dès la première page. Ces documents, ces lettres ont été recueillis à divers intervalles, les commentaires ont été écrits sans nous préoccuper d'un ordre méthodique. Ce ne sont que des notes et des recherches accumulées pour un travail plus vaste et plus coordonné.
De la composition du journal, remaniée en pages, avec addition des textes originaux et de quelques notes supplémentaires, nous avons formé ce recueil, qui a été tiré à un petit nombre d'exemplaires, destinés à une distribution privée. Mais, cédant à une
pressante sollicitation, nous en avons, en hésitant, laissé quelques-uns en librairie.
On trouvera, sans doute, que nos commentaires sont quelquefois prolixes. Nous en convenons. Ayant sous la main quelques lettres inédites ou peu connues de notre grand Rubens, nous n'avons pu résister au désir de faire des enquêtes sur les hommes et les choses dont il est parlé dans ces précieux documents, nous avons porté nos investigations aussi loin qu'il nous a été possible, essayant de nous transporter, en quelque sorte, dans le temps de Rubens, de suivre les événements qui l'occupent, de voir les personnages dont il parle, de décrire les œuvres qu'il mentionne. Cette étude offre un tel attrait qu'il est difficile de s'y livrer avec mesure. Les lettres de Rubens sont comme ses tableaux : des pages où abonde la vie. L'artiste n'est étranger à rien de ce qui se passe. Au même moment, sa prodigieuse intelligence traite des questions de la politique, de la science, des lettres et des arts. Pour bien comprendre aujourd'hui tout ce qui s'agite dans la très-petite partie de sa correspondance qui est parvenue jusqu'à nous, il faudrait des volumes de commentaires. Nous en avons la preuve dans les travaux considérables que MM. Sainsbury, Baschet, Villaamil ont publiés à propos d'une centaine de documents relatifs au peintre diplomate ou émanant de lui,
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Nous connaissons aujourd'hui à peu près 150 lettres de Rubens; des calculs fondés nous permettent d évaluer à 8,000 au moins celles qu'il a écrites! Si nous les possédions toutes, l'une expliquerait l'autre, ce serait Rubens lui-même sans l'aide d'un commentateur qui nous raconterait sa vie et ses œuvres d'artiste et de citoyen, qui nous ferait admirer ses vastes connaissances et ressusciterait, à nos yeux, les rois, les princes, les savants, tous ceux qui se sont trouvés en rapport avec lui ou qui ont tenu une place dans son cœur.
Dans leur ensemble, les lettres de Rubens seraient pour nous des mémoires d'une importance inappréciable. On a rassemblé jadis les moindres billets écrits par les Juste Lipse et les Erycius Puteanus. Quand on parcourt aujourd'hui ces élucubrations froides, prétentieuses, insignifiantes, dans lesquelles on ne recueille pas un fait, nous dirions presque pas une idée, et que l'on compare ces exercices de pastiche classique aux missives de Rubens, pages franches et modestes, nourries de détails contemporains, on regrette qu'il ne se soit pas trouvé quelqu'un qui ait daigné prendre à leur égard le soin pieux de les recueillir comme on l'a fait pour les centuries de plus d'un fort-en-thème depuis longtemps oublié.
C'est à notre époque, si noblement curieuse, qu'est laissée la tâche difficile de rassembler ces documents
aussi dispersés sur la surface du globe que les tableaux eux-mêmes du maître. Nous essayons, pour une faible part, d'entrer dans l'accomplissement de ce devoir.
En considération des pièces elles-mêmes que nous reproduisons ici, on voudra donc bien, nous l'espérons, être indulgent pour les commentaires qui les accompagnent.