‹ Pierre PugétChapitre 118 sur 232 · ANNO · texte numérisé non relu

ANNO

Ce qui veut dire : « A Etienne Lomellini, pour le legs qu'il a fait de la statue de marbre de la Mère de Dieu en demandant les prières des frères de l'Oratoire, les pères de la congrégation ont accordé la récitation à haute voix du psaume 129, le premier dimanche de chaque mois. 1702. »

69. La saime Vierge et l'Enfant Jésus. — Groupe de grandeur naturelle. — A Gênes, dans la chapelle domestique du

palais Cal taldi, autrefois Carega. — Tourncfort et Bongcrel parlent d'une Vierge faite par Puget pour le palais Balbi. Ratti, historien génois, cite luic Vierge de Puget au palais Carega, d'où Emeric D.nid a conclu à l'existence de deux Vierges, tandis que c'est évidemment la même qui a passé des Balbi aux Cai'cga. Alizcri, auteur d'un récent Guide de Gènes, ne mentionne au palais Balbi qu'une statue de Notre-Dame dans le style de Fr. Scbiaffone.

j'ai parlé page 85 de la copie en marbre de cette Vierge que Puget avait fait faire par Veirier, et qu'on retrouve portée à son Inventaire. C'est cette réduction qui a été exposée à Marseille, en 1861, sous le nom de Puget, en même temps cpi'un dessin, n° 155 de ce catalogue.

70. Les Armes du roi. 1670 à 1674. — Écusson où étaient figurés les armes et les ordres du Roi, soutenu par deux génies, au dessus delà porte de l'hôtel de ville de Marseille, du côté du port. — Documents extraits des archives municipales de Marseille: lettre de Puget du 5 janvier 1670 ; quittance de 200 1. pour entier payement des 1500 1. promises, en date du 17 avril 1674; approbation de la dépense par le ébnseil de la communauté, le 7 mai 1674. — Voir pages 166 à 170.

71. MiLOx DE Crotoxe. — Statue pour les jardins de Versailles : ïl., 2 m. 70 c. — Documents : Lettre de Colbert du 25 décembre 1670, qui autorise Puget à employer les marbres de l'Arsenal; lettres de l'intendant de Toulon en 1671,1670, 1681,1682, 1683, et payements pour le transport de la statue, publiés par M. Margry dans ]es Archives de l'art français ; marché pour l'achèvement du Milon, 6,000 1., et marcbé pour le piédestal, 2,000 1., en date des 17 et 29 septembre 1682, extraits des archives de l'arsenal de Toulon. Lettre de Louvois du 2 octobre 1685, qui accuse réception de la statue. Le Milon est signé : P. PVGET SCVLP. M.ASSILIENSIS. FA. ANiNO. 1682. — AParis, nnisée du Louvre, sculptures modernes, n" 206. —

Gravi' par Desplaccs, par Le Bas, clc. — Voir pages 181 à 72. Peksée DÉLiviiAM ANDROMÈDE. — Groupe pour les jardins (le Versailles. — II., 3 m. 20 c. Cou iiieucée dès 1G78, V A?idromcde est signée : P. Puget. massil. sculp. aiîch.

ET PIC...SCULPEBAT ET DICABAT EX... A. DoM . MDCLXXXIV.

Elle, fut i)ayc(' ir),000 I. — Documents : lettre i\c Puget à Louvois, 1G85; lettres de Louvois, 1084 et 1685. —A Paris, musée du Louvre ; sculptures modernes, n" 207. — Voir pages 199 à 206.

75, Alexandre et Diogène. — Bas-relief pour Versailles. — H., 2 m. 52; L., 2 m. 96. Commencé, ou plutôt conçu dès 1670, terminé en 1687, ce bas-relief ne vint à Paris qu'en 1694. — Documents : dessin de 1670 ; lettres de Louvois et de Villacerf, 1690, 1692, 1695. — A Paris, musée du Louvre, sculptures modernes, n" 208. — Voir pages 181, 186,208, 271 à 288.

74. La Peste de Milan, 1 694. — Bas-relief. H. , 5 pieds 4 ji. ; L., 4 pieds. Commencé pour M. de la Chambre, curé de Sainl-Barthélemi à Paris, puis destiné au roi. Cet abbé de la Chambre (Pierre Cureau) était un ami de Félibien : il mourut le 15 avril 1695. — Documents : lettres de Puget et Inventaire. — A Marseille , dans la salle du Conseil de l'intendance sanitaire. En 1764, le comte de Cayliis demanda un dessin de ce bas-relief à David de Marseille, peintre d'histoire et de paysage, et le fit graver par Cocbin et Moreau. En 1861, on a essayé de le reproduire en photographie ; mais le jour qui l'éclairc vient de trop bas et frappe à contre-sens. — Voir pages 507 à 511 .

Les archives de l'intendance sanitaire contiennent les documents suivants : — 25 mai 1750, délibération du bureau qui décide Tacquisition du bas-relief , appartenant à Paul Puget , moyennant 2,000 1. payées comptant et 500 1. de pension viagère ; — 51 mai 1750, contrat de vente entre la procuratrice de Paul Puget qui est sa belle-mère, la dame Puget, née Mazerat, et le bureau de Plnlendance;

— 17 juillet 1750, délibération du biiroau, qui décide que le basrelief sera placé par intérim dans la chambre du Conseil, sur le fauteuil du semainier ; — 2 octobre 1750, délibération pour payer 190 1. à Marclietty, sculpteur, qui a mis le bas-relief en place ; — 1751, 1752, certificats de vie délivrés à Paul Puget, à Paris, le père Bougerel, témoin ; — 1755, saisie-arrèt des Dames de la Visitation sur la pension viagère; — 1754 à 1759, reçus de la Supérieure. — Passé cette époque, je n'ai plus trouvé trace de la pension. Cependant Paul Puget ne mourut cpi'en 1775 : il était né en 1C79.

V A Imanach historique de Uarseille, par Grosson, année 178G, raconte ce qui suit : — « Ce pi'écieux bas-relief alloit être dégradé en 1777, lorsque Monsieur, frère du Roi, vint à Marseille. Messieurs les intendants ayant donné ordre de faire tomber la poussière que le temps avoit accumulée dans les creux du bas-relief, des ouvriers impérites arrivèrent armés de polissoirs et de marbre en poudre, poiu' le nettoyer ; c'en étoit fait, si ces ignorants eussent exécuté leur projet. Heureusement Pintendant de semaine connoissoit tout le prix de ce monument ; il voulut être présent à l'opération ; il ne vif pas plutôt les préparatifs destructeurs, qu'il s'en empara, les jeta à la mer et menaça les ignorants du même sort, s'ils osoient porter la main sur le bas-relief. On se contenta de le laver avec soin. »

75. Louis XIV. — Bas-relief de forme circulaire. Le roi y est représenté de profil, en perruque et cravate, de grandeur naturelle. Signé : Puget scp. C'est la « médaille du liov, marbre fin, » mentionnée par \ Inventaire. — Cité par ÉmericDavid, dans la collection de M. de Parnisse. — Musée de Marseille, n° 55. — Il a été très-bien gravé dans la Gazette des beaux-arts.

11 existe au znusée de Marseille une autre grande médaille en marbre avec le portrait de Louis XIV ; il en existe au musée d'Aix et en diverses villes de Provence. Toutes paraissent sortir de l'atelier de Puget et plusieurs portent sa signature On pratiquait dès lors cet art du portrait officiel, qui a reçu do nos peintres modernes un si grand développement. Le seul original est le n° 55 du musée de Marseille, oii l'on retrouve la finesse exquise et la profonde science de modelé de Puget.

Jamais, si ce n'est dans le profil en cire du musée de Versailles, le type autocrate du grand roi n'a été rendu avec une réalité plus

saisissnnic. Mômo sentiment d'une supériorité innée, même insensibilité , même impression d'ennui , même sensualité repue. Comme l'œuvre d'Antoine Benoist, l'œuvre de Puget confirme ce que dit Saint-Simon du caractère de bestialité de la physionomie royale : le pussaj^e du front au nez présente une dépression à peine sensible. Mais l'avantage reste au mari)rc. La cire est étudiée avec un soin minuticnix, le marbre est touché de verve. Le visage respire, les cheveux volent, les dentelles frissonnent, le corps se termine : on voit ))asscr le roi, d'un pas rapide, entre deux baies de courtisans.

76. Génie ou Ange assis. — Statue d'un jouno pireon d'une quinzaine d'années, de grandeur naturelle, ou peu s'en faut. — A Ollioules, dans l'église paroissiale, où il sert à supporter la vasque des fonts baptismaux. — Aucun liistorien n'en parle, mais le marbre parle de lui-même. — Voir pages 294-295.

77. Faune. — Statue inacbevée, de grandeur naturelle. — (( On montoit au pavillon de Fongate par un perron en fer à clicval, au milieu duquel étoit une superbe statue en mai'bre, représentant un Faune... M. Borély en fit acquisition pour en orner sa collection. » (Grosson, Alnianachde Marseille, 1784.) Elle a appartenu, avec le château de Borély, à M. de Panisse, et, comme ce château, elle appartient aujourd'hui ù la ville de Marseille. — Voir page 505.

78. Louis XIV a cheval. — Bas-relief. — A Marseille, au château Borély. — Le roi, calme et toujours demi-dieu, est vu de profil, sur un cheval qui va le trot; le manteau flotte au vent ; le mouvement est plein d'élégance.

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