‹ Pierre PugétChapitre 142 sur 232 · MARINES · texte numérisé non relu

MARINES

<( Pnget, nous dit Bougerel, avoit dessiné un grand nombre de marines sur vclin ; ce sont des pièces achevées... M. Lauthiei-, secrétaire du Roi, connu par son goîit pour les aits, en avoit un grand nombre, ainsi que le fameux Girardon et Jean de Dieu, sculpteurs. On en trouve à Paris neuf chez le marquis de Courtanvaux, capitaine colonel de la compagnie des Cent-Suisses de la garde ordinaire du roi... »

Voici d'abord les dessins de cette catégorie que je connais pour les avoir vus.

204. Représentation de quelques vaisseaux avec les signaux QUI désignent les grades de leurs commandants. — A la plume et lavé sur vélin. H., 44 cent.; L., 66. — A Paris, Musée du Louvre, n° 1248 de la Notice des Dessins, publiée en 1841.

205. Port de Toulon. — A la plume et lavé, sur papier, II., 555 mill.; L., 570. — Musée du Louvre, n" 1249. —

C'est la reproduction du dessin de Montpellier, n" 2H ; le port qu'on aperçoit au fond me parait être plutôt le port d'Antibes.

206. Vue de Toulon, du côté de la grande rade. — A la plume et lavé sur vélin. IL, 34 cent.; L., 05. — Musée du Louvre, n° 1250.

207. Galères dans le port de Marseille. — A la plume et lavé sur vélin. H., 271 mill.; L., 474. — Musée du Louvre, n° 9865 de l'inventaire Morel d'Arleux.

Dessin d'une grande finesse; la décoration des galères est trèsriche, et la fumée des canons qui les enveloppe produit un bel effet.

208. Vaisseaux et galères. — A la plume et lavé sur vélin. H., 171 mill. ; L., 298. — Musée du Louvre, n° 9807 du même inventaire.

Les figures qui animent ce dessin sont touchées avec une grande délicatesse.

209. Dessin inconnu. — Musée du Louvre, indif|ué par l'inventaire Morel d'Arleux, 11° 9864.

Ainsi le Musée du Louvre possède six dessins de Puget, et pas un n'est exposé dans les galeries. Ces dessins sont aussi curieux par leur exécution sur vélin que précieux par le nom qui les a signés, et la vue en demeure interdite au public. Je sais bien que, gi'àce à la complaisance des conservateurs, la collection enfouie dans les portefeuilles s'ouvre à tous les hommes de goût désireux de la consulter. Mais, lorsqu'il s'agit d'un des grands artistes de la Franco, ce n'est pas seulement une aristocratie d'élite qui a le droit de vouloir le connaître, c'est tout le monde. L'administration des Musées doit au public de lui montrer tout ce qu'elle possède de cet artiste, ses statues, ses peintures, ses dessins, afin que chacun puisse librement admirer, juger, étudier les faces diverses de son talent.

Certes, si les dessins de Puget étaient des études pour ses statues de Paris et de Gènes, ou pour ses tableaux, nous les verrions exposés, je n'en doute pas. Mais dos marines d'un sculpteur! cela paraît sans valeur et sans intérêt. Pour un peu, l'on craindrait d'amoindrir sa gloire. Pourquoi alors nous montrer des croquis de paysage de Louis David? Il y a pourtant cette différence, c'est que Louis David a dessiné le paysage par accident, comme Granet, en traversant la campagne de Rome, au lieu que Puget a dessiné des marines par état, parce qu'il fut attaché, pendant longues années, à la marine du port de Toulon. Supprimez les paysages de Louis David, sa personnalité reste entière. Le Milon, YHerciile, Y Andromède, Y Alexandre, ne nous laissent voir qu'un côté de Puget : ses dessins de manne font partie intégrante de son génie et de sa vie. Idée bizarre de spécialiser les hommes malgré eux ! Pendant que le Miloii inspirera un statuaire, qui sait si les marines ne fourniraient pas des motifs au décor et à l'ornement?

Je réclame, au nom de l'art, de la critique et do l'hisloire, l'exposition publique et permanente au Louvre des dessins de marine de Pierre Puget.

210. Tempête. — A la plume, lavé de sépia et d'oncre de Chine sur vélin. 11., 51 cent.; L., Cl. Signé: P. Puget IN., 1652. — A Montpellier, collection Atger, à la bibliothèque de l'École de médecine, n" 47.

11 semble que l'artiste philosophe ait pris un mélancoli(piei)laisir h livrer aux fureurs de la mer un de ce» vaisseaux que son génie

décorait de s]ilendidfis et fragiles cliefs-d'œuvrc. Celui-ci porte, au tableau, la ligure de la vierge Marie, et en écusson les armoiries delà ville de Marseille, encadrées d'ornements, au-dessus d'un peuple de Tritons et de Néréides détaillés avec le plus grand soin. Son niât est brisé, il va sombrer; déjà les vagues ont rejeté sur le rivage un cadavre, et une clialoupe, montée par trois hommes, lutte contre les flots. Le ton enfumé du vélin augmente l'effet sinistre du drame.

2H. Tir DU canon. — A la plume et lavé d'encre de Chine, sur vélin. — A Montpellier, même collection.

Ici le vélin a gardé sa blancheur qui permet d'apprécier les détails infinis de la composition . La scène se passe sur une élévation d'où l'on découvre le port d'Antibes. Des officiers entourent la pièce, curieusement décorée. Les soldats boivent, le public regarde, les chevaux d'un carrosse prennent peur ; contre une masure est assis un homme qui dessine, et, dans cet homme on reconnaît l'original du portrait du Musée de Marseille, Puget lui-même, à l'âge de cinquante ans environ. Le dessin du Louvre, n" 204 représente le même sujet, mais il est sur papier et n'a pas la même finesse.

212. Vue de la ville de Toulon. — A la plume et lavé sur vélin. H., 532 mill,; L., 510. — C'est un panorama de la ville et de la rade ; on lit dans un cartouche le mot Tollon, de la main de Puget. — A Alençon, collection de M. de Chennevières.

213. Deux vaisseaux de haut bord en pleine mer. — A la plume, sur vélin. H., 501 niill.; L., 478. — Un grand nomhres de matelots sont occupés à la manœuvre. — A Alençon, ibidem.

214. Deux vaisseaux a l'ancre. — A la plume et lavé, sur vélin. II., 244 mill.; L., 4U0. De la collection Giraud,d'Aix. — Sur un des vaisseaux : P. Puget inuentor ; sur l'autre, armes parlantes composées d'un compas entre deux coijuilles au-dessus d'une palette. — A Alençon, ibidem.

215. Galère près d'un quai. — A la plume, sur vélin. II., 527 mill. ; L., 605. — La galère et le portefaix sont do Stefano Dclla liclla. Puget a ajouté le fond, qui représente

DESSIiNS. 400

la colline de Notre-Dame de la Garde, à Marseille. — De la collection Giraud. — A Alençon, ibidem.

216. Un Port. — A la plume, sur vélin. — A gauche, un arc de triomphe et un obélisque, à droite trois vaisseaux. — Collection Giraud. — A Alençon, ibidem.

217. Lamerne d'une galerie. — A la plume etlavé sur vélin. H., 570 mill. ; L., 200. — Vente Morel. — A Alençon, ibidem. — Voir page 154.

218. Trois vaisseaux et une galère dans une rade. — A la plume, sur véhn. H., 254 mill. ; L., 288.— Vente Morel.

— A Alençon, ibidem.

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