LE DUC PE P.EAUFORT
rêlcr, afin de juger de son savoir-faire et d'en rendre coniple à ColberL Girardon n'y manqua pas, et voici en quels termes il appréciait les œuvres de son rival. '■ — « J'ay vu isy des ouvrages de Mons. Puget, écrivait-il le 2 janvier 1669. Il y a beaucoup d'art dans se qu'il faict et le marbre bien travaillé. Si on veul y chercher le beau naturel et la belle draperie, sela n'y est pas; néanmoins faict grand efaict. »
L'attente d'une visite du roi avait imprimé aux travaux de l'arsenal de Toulon une vie nouvelle. Cette attente fut trompée. La grandeur, et quelque chose de plus, attachait Louis XIV au rivage de Versailles. Au lieu du roi, c'est le duc de Beaufort qui vint surveiller en personne l'armement de la flotte destinée à l'expédition de Candie. 11 choisit pour vaisseau amiral le Monarque, dont Puget avait fait le dessin, et Puget, trop longtemps laissé dans l'inaction, fut sommé de terminer en un mois toute la sculpture. Bougerel raconte à ce propos une anecdote caractéristique.
Un mois avant son dépari, ce prince (le duc de Beaufort), fut visiter le vaisseau le Moiiarque qu'il devoit monter : « Vous verrez, dit-il à Puget, que la galerie de ce vaisseau ne sera pas faite lorsque je serai obligé de partir. Puget lui répondit « qu'il feroit de son mieux pour lui donner contentement, (pie Son Allesse n'avoit qu'à compter sur sa parole, que tout scroit prêt. « Le Duc insista, et paria avec tant de chaleur, que, la conversation s'étant échauffée, l^uget, l'homme du monde le moins endurant, lui répliqua : « Je vois bien, monseigneur, que mon service n'est pas agréable à Votre Altesse, je la prie de me donner mon congé, » — « Le Roi,