‹ Pierre PugétChapitre 38 sur 232 · COLBERT · texte numérisé non relu

COLBERT

S'il avoit eu le loysir il eut fait des merveilles au Monarque. \\ entend bien notre marine, y a déjà navijiué et s'y plait. »

Ail Ion de celle lellre, à la confusion qu'elle fail de Gôncs cl du Bernin, des stalues et des colonnes, à la naïveté avec laquelle le duc appuie les vœux les plus chers de Piiget, on ne peut méconnaître une satisfaction donnée h. l'artiste offensé, et inspirée, sinon dictée, par lui. Colbert, qui connaissait le prince, un peu court de cervelle, comme chacun sait, se contenta de répondre : « Je tâcheray de donner de l'employ au sieur Piiget, puisque vous l'estimez capable de bien servir. » — El le duc partit se faire tuer devant Candie.

Une expédition non moins importante se préparait au même moment à l'arsenal de Toulon. Il s'agissait d'envoyer une escadre aux Indes. — « Prenez bien garde, écrivait Colbert à l'intendant d'Infreville, que les vaisseaux destinés pour ce voyage, que non-seulement leur bonté, mais mesme leur beauté donne quelque idée de la grandeur du roy dans ces pays-là. » — Cette lettre est du 14juillel 16G9. Quelques jours après, le ministre ajoutait encore : — c( Je conviens que les ouvrages de scul|»ture des trois grands vaisseaux construits en dernier lieu à

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Toulon ronsonimcnt b(;aii(;ouj» di!l(;m])s; mais vous m'advoucrez vous-même qu'il n'y arien qui frappe InuL les ycMix ny quy marque laul la magnificence (lu roy ([ue de les bien orner comme les ])lus beaux qui ayenl encore paru à la mer, el qu'il est de sa j^loirede surpasser en cepoini les autres nations. » — jNolons bien ceci : voilà Colhert partisan du luxe desdécorationsnavales, et partisan plus déclaré qu'on ne l'était àToulon.D'Infreville, en effet, se plaint que \e Roy al -Louis n'en finisse pas. Le Royal-Dmiphin, dont Girardon a donné le modèle, avance peu. Quant à Puget, chargé de vaisseaux de moindre importance, Y Ile-de-France et le Paris, il n'a pas voix délibérative sur la question. Mais il ne paraît pas abonder dans le sens de Colbert, car on le voit s'employer à toutes sortes d'occupations, comme un homme qui, faute de besogne, ne sait où placer ses loisirs. Il fait des dessins des vaisseaux en voie d'exécution, il s'exerce à la fonte avec Landouillette, il termine la construction de l'étuve, il dresse des plans pour l'agrandissement de l'arsenal. Cependant autour de lui tout est activité et travail. Cinq vaisseaux sont à la charpente, cinq à la sculpture : le peintre La Rose tire sur une toile le portrait du Boyal-Louk. Le sculpteur Levray reçoit à foire la poupe du Royal-Dauphin. Taureau sera chargé d'une autre; une troisième sera donnée a au petit Flamand à qui Girardon avait séparé la moitié des

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