‹ Pierre PugetChapitre 4 sur 7 · DESSINS · texte numérisé non relu

DESSINS

2 — La Reine.

Henry décrit très succinctement cet ouvrage (1). Brun, qui le vit aussi, en parle (2). Mais Lagrange est plus détaillé; il dit (3-) : « Traité sur vélin, d’une plume fine et légère, ce dessin représente le vaisseau, la Reine en mer; dans les mêmes eaux naviguent plusieurs galères, des barques et deux autres vaisseaux dont l’un montre un arrière richement sculpté. Sur la poupe de la Reine , le médaillon d’Anne d’Autriche, vue de profil, au milieu d’un semis de fleurs de lys occupe la place d’honneur au-dessus de la porte du balcon. Toutefois la décoration, composée de termes, de génies, de consoles, n’embrasse pas la façade entière et ne descend pas jusqu’à la voûte » (4).

Ce dessin, que Puget conserva, était à Marseille, à la villa Fongate, dans la chambre à coucher du maître lorsqu’il mourut. Il devint ensuite la propriété de François Puget, puis celle de Pierre-Paul, son fils, qui le possédait encore en 1752. Il figura à l’Exposition régionale des Beaux-Arts de Marseille, en 1861, sous le n° i486. Il appartenait alors à un amateur, M. Malcor, aide-commissaire de marine en

retraite, résidant à Toulon. M. Malcor, mort aujourd’hui, l’aurait cédé, suivant un collectionneur marseillais, feu M. Charles Magne, à un amateur parisien. N» 1 88 du Catalogue de Lagrange (5).

A la plume, sur vélin.

Signé : P. PUGET, IN.

(r) Henry Sur la Vie et les Œuvres de P. Puget. Bulletin de V Académie du Var, année i853,

(2) V. Brun. Notice sur la Sculpture navale. Toulon, Aurel, 1861, p. 14 et i5.

(3) Léon Lagrange. Pierre Puget. Paris, Didier i8 î8, p. 17- . ri . „

(4) Emeric David, dans sa Vie de Pierre Puget . extraite de la Biographie Universelle (Marseille, Barile, 1840), dit que le dessin de la poupe de la Reine appartient à M. de Panisse. Il confond le dessin de la Reine avec celui de la Madame (Voir n° 10).

(5) Lagrange a publié à la fin de son ouvrage sur Puget un Catalogue de ses œuvres. Celui-ci comprend', en ce qui concerne les décorations navales et les marines, cinquante-cinq numéros.

3 — Le Magnifique.

Emeric David, qui est le seul de tous les biographes de Puget à parler de ce vaisseau, et qui le dit armé de 104 canons (1), paraît le confondre avec le Monarque, puisqu’il le donne comme monté par le duc de Beaufort dans l’expédition de Candie. Emeric David aura été trompé quant au nom, de même qu’il fit erreur en signalant le dessin de la Madame comme étant celui de la Reine , et celui du Paris comme étant celui du Magnifique.

(1) Emeric David. Op. cit. , p. 10 et iS.

4 — Arrière du Monarque.

On ignore les dimensions de ce dessin qui n’a été vu ni par Henry, ni par Brun, et que Lagrange n’a pas retrouvé non plus, mais dont il vit vers 1860, chez feu Pierre Margry, une photographie. Premier travail de Puget dans l’arsenal de Toulon après sa nomination aux fonctions de maître sculpteur entretenu du port, cet ouvrage, exécuté en 1668-69, est l'un des P^us riches qu’il conçût. Le Monarque, vaisseau de premier rang, jaugeait 1,700 tonneaux, portait 84 canons et tirait 20 pieds d’eau (1). Le duc de Beaufoat, qui en 1669 était à Toulon pour surveiller l’armement de la flotte destinée à l’expédition de Candie, le choisit pour vaisseau-amiral. Emeric David, qui appelle ce vaisseau le Magnifique (2) et Zenon Pons (3) ont cru qu’il avait péri lors de la mort de l’amiral survenue devant Candie. Ils ont fait erreur, ainsi qu’Henry l’a fait remarquer (4). Les états de réparations exécutées sur divers vaisseaux en 1677 (5) et les années suivantes en témoignent, puisque le Monarque s’y trouve inscrit. Brun (6), Lagrange (7), Ginoux (8), ont décrit la décoration de ce vaisseau. N° 196 du Catalogue de Lagrange.

(1) Archives de l'Art français, i" série, i855-56, tome IV, p. 262. Communication P. Margry.

(2) Emeric David. Op. cit., p. 10.

(3) Zénon Pons. Essai sur la Vie et les Ouvrages de Pierre Puget. Paris.

(4) Henry. Op. cit., p. 1 36.

(5) Brun. Op. cit., p. 19.

(6) Brun. Op. cit., p. 19.

(7) Lagrange. Op. cit , p. 145-146.

(8) Ginoux. Les Arts du Dessin et l’Ecole de Puget à Toulon. Toulon. Laurent. 1881, p. 3o.

5 — Arrière du Monarque.

Lagrange dit; « Il existe une copie du dessin du Monarque à Toulon », mais il n’indique pas à qui elle appartient. Peut-être a-t-il voulu parler d’une copie de l’arrière, seulement, que posséda M. Malcor. Cette copie fut autrefois photographiée,

et le Musée des Beaux-Arts de Toulon reçut de M. Ginoux une de ces reproductions. La copie elle-même, venue aux mains de M. Jules Cantini, a été offerte par lui au Musée des Beaux-Arts de Marseille en 1905 (n° 248 de Y Inventaire des dessins ). Elle est d’une exécution hésitante et lâchée. Mais au verso se trouve croqué à la plume le motif décoratif qui figurait à l’avant du navire, et ces quelques traits, indiqués d’une main plus ferme, s’apparentent beaucoup plus étroitement avec le faire de Puget.

Haut., 41 cent., 5; larg., 56 cent.

6 — ‘Avant du Monarque.

Croquis à la plume, au verso du numéro précédent ; suivant Brun il représente la Vigilance domptant le Lion de l’Espagne et de la Hollande.

7 — Arrière de l’Isle-de-France.

Si l’on s’en réfère aux assertions de Lagrange, dans Ylsls-de- France et la Madame , les pilastres du tableau sont des courtisans en costume de marquis (1). Il doit y avoir là une erreur; car si cette indication est conforme au projet de décoration du dernier de ces vaisseaux, elle ne l’est pas du tout au dessin passé sous nos yeux, que nous reproduisons, et qui appartient à la Collection Louis Grobet, de Marseille. Les mesures données par Lagrange (2) concernant le dessin de VIsle-de-France sont : haut., 45 cent., larg , 55 cent. ; mais comme cet auteur avoue n’avoir vu qu’une copie calquée du dessin visé, il y a tout lieu de penser que ce sont là les dimensions de la copie, qui, en 1864, appartenait à Pierre Margry. Ce dernier tenait la dite reproduction d’Antoine Margry, son père, lequel l’avait exécutée d’après un premier calque dû à l’un des Caffieri (3). En 1766, le comte de Narbonne-Pellet possédait cinq dessins composés par Puget pour VIsle-de-France, la Trompeuse, la Bouffonne , le Sceptre et la Royale Thérèse; c’est alors que ces dessins furent calqués en premier lieu. Si le dessin catalogué ici est l’un d’entre eux, on ne s’explique pas comment Lagrange put en donner une description erronnée. L'Isle-de-France, noté sur les états de la marine de 1688 comme bon voilier, eut sa charpente achevée sous les ordres d’Audibert, constructeur, vers septembre 1669. Le prix fait de la décoration fut donné par d’Infreville en octobre de la même année et le travail était terminé en 1670. Le vaisseau, de premier rang, jaugeait r 5oo tonneaux et tirait 20 pieds d’eau. Il était armé de 74 canons. Quand il prit pour la première fois la mer, le marquis de Martel, lieutenant-général des armées navales, le montait. Quelques années plus tard, on modifia sa décoration afin de l’alléger et son nom fut changé. On l’appela le Lys. Il est ainsi désigné dès 1676 dans une lettre de l'intendant Arnoul à Colbert, en date du 3i mars. Exposition d’art provençal , Marseille 1906, n° 83 1.

Haut., 43 cent.; larg., 53 cent.

(1) Lagrange. Op. cit., p. 148.

(2) N° 200 de son Catalogue.

(3) Sans doute Charles-Marie Caffieri, qui fut sculpteur au port de Brest.

8 — ‘Arrière du Paris.

Comme le précédent, ce projet fut exécuté vers septembre 1669. Encadré par des colonnes torses géminées et surmonté par un motif décoratif au centre duquel est un mascaron couronné de pampres, le tableau montre uniquement la nef empruntée aux armes de la vieille Lutèce. Mais la décoration n’en est pas moins très riche alentour. A gauche et à droite du fanal de poupe, qui repose sur le mascaron formant console, le fronton s’évase en coquille et soutient une guirlande de fruits aux extrémités de laquelle s’érigent deux ornements sphériques. Des chimères, femmes par la gorge et le visage,

félins par les pattes et la croupe, disposées en encoignures et les ailes ouvertes, relient la décoration de l’arrière à celle des bouteilles qui comporte un petit balcon en saillie appuyé sur deux gracieux arcs-boutants. Enfin dans toute sa longueur le balcon inférieur est orné de feuilles d’acanthe et de laurier, sauf aux angles où l’on voit deux mascarons à tête de femme et au centre où figure un écusson couronné, portant les royales fleurs de lis. Le prix fait de la décoration fut donné par d’Infreville dès octobre 1669 et l’année suivante le travail était achevé. Ce dessin n’est pas porté à l’inventaire des objets mobiliers dressé à la villa Fongate un mois avant la mort de Puget. Il était sans doute alors dans sa maison de la rue de Rome, car on le signale plus tard entre les mains de son petit fils Pierre-Paul ; c’est de ce dernier que le tint la famille de Borély dans laquelle il resta longtemps. Émeric David put l’y voir au commencement du siècle dernier (r), mais il se méprit sur sa destination réelle et le donna, p. 18, comme la poupe du Magnifique (2). Lagrange a rectifié cette erreur, n° 189 de son Catalogue. Exposition rétrospective de l'art français, Paris 1900.

Musée des Beaux-Arts de Marseille; n° 36 de V Inventaire des dessins.

A la plume et lavé sur papier blanc.

Haut., 43 cent.; larg., 5y cent.

(1) M. de Panisse, chez qui il le cite, était l’héritier des Borély.

(2) Le vaisseau qu’Emeric David désigne, p. 10, sous ce nom, le Magnifique, ne peut être, nous l'avons dit, que le Monarque (Voir n° 3).

g — Le Sceptre.

Comme celui de YIsle-de-France, ce dessin appartenait, en 1766, à M.le comte de Narbonne-Pellet et fut calqué par l’un desCaffieri. Il n’a étédécritque par Lagrange qui en avait vu à Paris, chez Pierre Margry, une reproduction exécutéepar Margrypèreet qui dit : « Le tableau du Sceptre montre une main sortant des nuages et tenant le sceptre au-dessus de la couronne placée sur une table (1) ».. Les dimensions données par cet écrivain, — haut.,, 43 cent.; larg., 55 cent,, — sont sans doute celles delareproduction. Le Sceptre , suivant Les états de la marine de 1688, était un « fort bon vaisseau » de premier rang construit par le maître charpentier Coulomb. Il jaugeait 1600 tonneaux et était armé de 84 canons.. Son tirant d’eau était de 20 pieds. La note suivante, empruntée aux minutes de M® Gabriel Renoux, année: 1670, déposées chez Me Gence à Toulon et compulsées par M. O. Teissier, en d,onne l’ornementation à Puget de façon irréfutable : « Le 7 novembre, adjudication en faveur de Joseph Labé, maître sculpteur de la Ciotat, qui. a promis de faire tout le travail de sculpture, architecture et menuiserie, qui est à faire au vaisseau nommé le Sceptre, suivant qu’il est montré par le modèle et devis du sieur Puget » (2). N° 199 du Catalogue de Lagrange.

(1) Lagrange. Op. crt., p. 148.

(2) Ginoux. Communication au Congrès des Sociétés des Beaux-Arts, 1891.

10 — ‘Arrière de la Madame.

Au tableau, une dame, non pas à sa toilette, comme le dit Lagrange, mais simplement assise dans un fauteuil et s’éventant. A droite, à gauche,, remplissant le rôle de pilastre et encadrant le bas-relief, deux courtisans en habit de cour. Au-dessus de 1 entablement, aux extrémités du fronton, des amours jouent avec des chiens. Les courtisans ont à leurs pieds des figures assises, l’une caressant un chien, symbole de la Fidélité ; l’autre tenant un miroir, symbole de la Sincérité. Et plus bas encore, deux figures d enfants, placées aux angles du balcon inférieur, présentent des corbeilles pleines de fruits. A l’exception de celle de la dame figurée au tableau, toutes ces sculptures sont en ronde-bosse. Les ornements, mascarons, coquilles, balustres, culsde-lampe, etc., dont l’artiste a entouré ces huit figures, complètent ce projet d’arrière

d une rare élégance. De même que le dessin du Paris, ce dessin, qui ne figure pas à 1 inventaire des objets mobiliers de la villa Fongate, dut cependant faire partie de la succession de Puget. Il demeura assez longtemps dans la famille, ainsi qu’en témoigne une note manuscrite existant au dos du dessin et qui le donne comme appartenant à Joseph de Puget-Savignon, ancien officier d’infanterie, « son substitué ». « Ce qui .prouve, dit Lagrange, que le testament de Puget eut son plein effet quant aux substitutions. » Avant d’être au Musée des Beaux-Arts de Marseille, le dessin de la Madame appartenait, avec celui du Paris, à la famille de Borély. Emeric David, qui put le voir, le donne, nous l’avons fait remarquer, comme représentant la poupe de la Reine (i). La description de cette dernière citée plus haut (n° 2) montre que l’éminent écrivain d’art s’était mépris. La Madame, vaisseau de second rang, construit en 1669 par Guéroard, jaugeait 1,400 tonneaux, portait 68 canons et tirait 18 pieds d’eau. « Le i5 octobre 1670, dit une note empruntée aux minutes de Me Gabriel Renoux, notaire, messire Mattarel, intendant général des armées navales, adjuge à Gabriel Levray et Jean Bouché le travail et les ornements de sculpture, architecture et menuiserie à exécuter au vaisseau du Roi la Madame , conformément au modèle et devis dressés par le sieur Puget, maître architecte et sculpteur entretenu de la marine (2). » Les états de la marine marquent que la Madame était un bon voilier. On dut toutefois en modifier assez promptement la décoration, puisque dès 1677 il ne portait plus son premier nom, mais l’avait troqué contre celui du Pompeux. N° 190 du Catalogue de Lagrange. Exposition rétrospective de l'art français, Paris, 1900.

Musée des Beaux-Arts de Marseille; n°37 de l 'Inventaire des dessins.

A la plume et lavé sur papier blanc.

Haut., 40 cent.; larg., 5y cent.

(1) Emeric David. Op. cit., p. 18.

(2) Ginoux. Communication susdite. 1891.

11 — * Arrière de la Royale-Thérèse.

Ce dessin était, vers 1860, à Paris et appartenait à M. Jules Boilly, mais il passa bientôt entre les mains de Lagrange et nous n’avons pu savoir ce qu’il est devenu. M. Pierre Margry en possédait un calque fait par son père, ce qui permet de le compter au nombre des originaux appartenant, en 1766, au comte de Narbonne-Pellet. Lagrange le décrit, p. 146-147. Conçue pour un vaisseau de second rang, sa décoration était assez sobre. On la trouva trop lourde cependant. Dès 1676, la Royale-Thérèse ne s’appelait plus ainsi, mais bien le Saint-Esprit et on démontait une partie de ses ornements pour rendre le vaisseau navigable. Celui-ci, construit par le maître charpentier Rodolphe et jaugeant 1,400 tonneaux, était pourtant un très fin voilier. Il tirait 19 pieds d’eau et portait 76 canons. Gravé sur bois dans la Galette des Beaux-Arts, année 1 865 , p. 245. Notre reproduction est faite d’après cette gravure. N° 191 du Catalogue de Lagrange.

A la plume et lavé sur papier.

Haut., 42 cent.; larg., 54 cent.

12 — 'Arrière du Rubis.

Dans ce projet, Puget supprime toutes les figures en ronde-bosse. Cet arrière nous offre une façade de trois étages dont le fronton figure une coquille accotée à droite et à gauche d’un large ruban. Sous la coquille, trois petites consoles, et tandis qu’à droite de celle-ci se déroule un motif en feuilles d’acanthe, à gauche se profile un simple ornement linéaire sans doute, afin que le ministre puisse choisir. Aux angles, du fronton jusqu’au niveau du balcon de la grande chambre, la décoration, aussi sobre,

est faite de consoles renversées, soutenant, en forme de pilastres renflés, un entablement d’où jaillit une monumentale fleur de lis. Ces consoles sont accouplées en angle sur un soubassement décoré à tribord et à bâbord de tetes de lions portant des anneaux. Enfin, terminant l’encadrement de la façade, deux guirlandes de fruits et de feuilles sorties du balcon inférieur animent de leur gracieuse courbe l’arête de l’arrière à hauteur de la voûte. Au tableau, plus de bas-relief. La place en est occupée par un champ fleurdelisé au centre duquel les L royaux couronnés et posés sur de larges palmes forment comme un fronton à la porte du balcon supérieur, lequel est bordé d’une riche balustrade. Le balcon au-dessous, également orné de balustrades et de rosaces à ses angles, supporte le cartouche où le nom du Rubis est inscrit. Enfin une tête de mascaron ornant le sommet du gouvernail enrichit cette décoration que semblent compléter encore quatre sabords d’arrière du navire pourvus de leurs pièces à feu.

D’une lettre de Seignelay écrite le 21 décembre 1684 à M. du Seuil intendant au port de Brest, Henry croit pouvoir déduire « que le dessin pour la décoration du Ruby ne fut pas fait par Puget (1) ». Henry se trompe. Ce qui l’égarc, c’est qu’il y eut deux Rubis, construits l’un à Brest, l’autie à Toulon. Rodolphe, maître charpentier de ce dernier port, dirigea la construction du Rubis de Puget, lequel était déjà sur le chantier en 1669. Ce vaisseau de second rang jaugeait 1.400 tonneaux. Il portait 70 canons et non 54 comme le dit Henry, parlant du Ruby de Brest. Un détail est d’ailleurs à noter qui appuiera notre rectification. Dès 1676, le Rubis de Toulon avait déjà changé de nom et était devenu le Florissant. Ce ne peut donc être de lui que parlait le marquis de Seignelay, en 1684. Un autre détail, qui a son intérêt au moins en ce qui concerne l’attribution de notre dessin, c’est la signature de François Puget tracée au verso. Le fils de Puget avait seulement dix-huit ans en 1669, et il était loin alors de pouvoir exécuter une composition aussi élégante et aussi harmonieuse. En mettant plus tard son paraphe au dos de cette page, il n’eut pas d’autre intention que de l’authentiquer. M. Philippe de Chennevières, qui l’avait acheté sur la place du Carrousel, à Paris, en 1847, a toujours considéré ce dessin comme étant du grand Puget, et c’est pourquoi il ne craignit pas de le faire figurer avec cette attribution à l’Exposition des dessins de décoration des maîtres anciens, organisée à Paris, en 1880, par l’Union des Arts décoratifs (n° 341). Lagrange l’avait déjà catalogué sous le n° 193. L’ouvrage est passé en vente publique avec la deuxième partie de la Collection de Chennevières, en avril 1900. Il est devenu en 1901, par voie d’acquisition, la propriété du Musée des Beaux-Arts de Marseille, n° 21 1 de Y Inventaire des dessins.

A la plume et mis au carreau, sur papier.

Haut., 43 cent. 3; long., 64 cent.

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