Denière. Juridiction consulaire, p
Lors de sa judicalure, Pierre Quthe avait soixante-neuf ans. Il ne dut pas survivre longtemps à ce nouvel honneur.
Après sa mort, son fils redevint Pierre Quthe tout court. Élu juré épicier et apothicaire le 12 janvier 1596, il fut, le 1 er février de l’année suivante, désigné comme scrutateur « pour l’élection d’un juge et quatre consuls des marchands ». Je soupçonne qu’il mourut vers 1600, car, après 1598, je ne trouve plus son nom, ni dans les archives des apothicaires, ni dans la Juridiction consulaire de Paris par G. Denière '(Paris, 1872), livre maintes fois cité dans le cours de cette note.
L’École de pharmacie de Paris possède une galerie de tableaux, à peu près ignorée \ à laquelle manque le portrait de Pierre Quthe.
En revanche, on y rencontre quelques portraits anonymes d’apothicaires qui furent ses contemporains ou les contemporains de son fils. Jusqu’en 1900, ces anonymes ont été au nombre de dix. Les ayant fait photographier à la veille de l’Exposition Universelle, j’ai pu alors les étudier tout à loisir. Bientôt, j’en identifiai deux.
Le premier le fut immédiatement et sans. aucune difficulté. Il est accompagné d’armes parlantes — trois ruches ou. nids à mouches — qui se trouvent reproduites sur le portrait d’un autre apothicaire, dénommé Joannes de Moucheny. C’est donc un membre de la famille de Moucheny, qui, au xvi e et au xvn e siècle, fournit à la ville de Paris une longue suite d’apothicaires.
Le second, daté de 1623, a été identifié un peu plus tard. Le personnage figuré sur ce tableau, s’est fait peindre à soixante-six ans, dans le costume d’échevin de la ville de Paris. Dans un angle de la toile, oh voit des armoiries que Chevillard a insérées dans son Grand Armorial. GÉpâce à cet ouvrage, qui me fut indiqué par M. Henri Omont, j’acquis la certitude que ce personnage anonyme était Claude Gonyer, reçu maître apothicaire en 1582. Claude Gonyer fut garde en 1600 et 1601, en 1607 et 1608, consul en 1612, échevin en 1618et juge en 1629. Établi dans la rue Sainte-Avoye, peut-être y a-t-il succédé à Pierre Quthe le fils.
M. Moreau-Nélaton, à qui l’on doit l’acquisition du nouveau tableau du Louvre, vient de terminer un ouvrage intitulé : Les Clouet, peintres officiels des rois de France, à propos dune peinture signée de François Clouet, qui n’a pas encore paru dans le commerce 1 2 . M. Leprieur, conservateur des peintures au Musée du Louvre, a eu l’amabilité de me le signaler et de me dire que le portrait de Quthe y est décrit et figuré.
1. Les nombreux portraits de cette galerie de tableaux ont été décrits dans le Centenaire de l'Ecole supérieure de Pharmacie de Paris, 1803-1903 (Paris, 1904, p. 373-393), et dans la Pharmacie Française (numéro de septembre 1904, p. 332-371).
2. Le livre de M. Moreau-Nélaton a été annoncé dans le « Feuilleton » de la Bibliographie de la France du 12 juin 1908 (p. 1713), donc deux jours après ma communication à la Société française d’histoire de la médecine. Ony trouve (planche I) une bonne reproduction du tableau de François Clouet,
Le Bulletin de Fart ancien et moderne du samedi 9 mai 1908 annonce que la Revue , dont il est le supplément, « publiera prochainement ce portrait 1 d’homme à mi-corps, vêtu d’un costume de velours à raies noires et amarante, appuyé sur un pupitre, à côté d’un herbier ouvert ». M. Jules Comte, directeur de la Revue de Fart ancien et rp.oderne, m’ayant très aimablement offert une épreuve de ce portrait, je me propose de la faire reproduire un peu réduite, pour le Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine \
1. Le portrait de Pierre Qdthe a été publié dans le numéro 135 (10 juin 1908) de la Revue de l’art ancien et moderne.
2. Les lecteurs du Bulletin des Scienees pharmacologiques ont la primeur de cette reproduction.
Pàrîs. — L. Marethbux, imprimeur, 1.
Cassette. — 19506.