CHAPITRE XLIV
Atec de l'argent on achète tout dans les pays nouveaux. — ■ Il ne feut pas toujours se fier aux renseignements dun Américain. — Attaque nodurn* ; nous sommes repoussés. • — Mieux vaut quelquefois, pour éviter l'ennemi , passer près que de passer loin. ' — En somme , nous tirons notre épiogfe du jeu.
Le matin suivant, nous levâmes l'ancre et retournâmes nous mettre en croisière le long des côtes de la Martinique» Nous n étions qu'à trois milles de la baie de St. -Pierre, lorsque nous en vimes sortir un bâtiment qui naviguait avec des mâts de fortune. Il venait en droite ligne vers nous, et bientôt nous reconnûmes le brigantin Yankie que nous avions rencontré quelque temps auparavant. O'Brien envoya une barque prendre le maitre pour l'amener à notre bord.
— Eh bien! capitaine, lui demanda-t-il , vous avez donc éprouvé une tempête ?
— Je calcule que non, répondit l'Américain.
— Alors, que diable vous est-il arrivé ?
— Ma foi , je présume que j'ai vendu toute ma cargaison ; et, qui plus est, j'ai vendu mes mâts.
— Vendu vos mâts ! Et à qui les avez-vous pu vendre ?
— A un fort joli corsaire français mouillé dans la baie de St. -Pierre , qui avait perdu jusqu'à la moindre barre de bois pendant une chasse que lui avait donnée un de vos Serpents à cale de cuivre;