‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 127 sur 250 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

Désastres causés par Touragan. — • Pierre se fait des amis. < — -Pour détruire, comme pour sauver, les marins anglais n'ont pas leurs pareils. — Pierre, à son extrême satisfaction, retrouve le colonel O'Brien. — Il s'estime encore plus heureux de retrouver une autre personne. — Nombreux serrements de mains, « et tout ce qui s'en suit, » comme dit Pope.

Une fois sûrs que le brick était hors de péril, nous pensâmes à nous-mêmes. Mes yeux se tournèrent d'abord sur les cadavres de nos camarades, et en les voyant tout mutilés, je remerciai encore le ciel du miracle auquel je devais la vie. Nous portâmes ensuite nos regards vers la côte pour chercher à découvrir quelque trace des autres chaloupes , mais ce fut en vain. Nous étions à trois milles environ de la ville , qui , nous le pouvions voir, avait beaucoup souffert de l'ouragan , et au bas de laquelle le rivage était jonché de débris et de fragments. Je représentai aux matelots que nous ferions aussi bien de nous y rendre et de nous constituer tout de suite prisonniers; ils en tombèrent d'accord avec moi, et après avoir promis aux deux ou trois pauvres diables qui étaient trop blessés pour nous suivre , que nous les enverrions chercher, nous partîmes.

Dès que nous eûmes franchi les rochers qui bordent File et pénétré à quelques pas dans l'intéiHeur, quel spectacle se présenta devant nous ! De toutes parts, des arbres déracinés, des bestiaux morts, çà et là les restes d'une habitation qui avait été , aux trois quarts, emportée à une distance de plusieurs milles.

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