CHAPITRE XLIX
tien, dit le général. Céleste, ma chère, nous avons, comme vous ne l'ignorez pas , beaucoup de monde à dîner. Je vous engage donc à vous retirer dims votre appartement et à vous occuper de votre toilette. J'ai invité, Pierre, toutes les dames à qui vous avez rendu la liberté, avec leurs maris et leurs pères; vous aurezainsi le plaisir de voir combien vous avez fait d'heureux par votre généreuse conduite. Maintenant que Céleste nous a quittés, Pierre, je dois vous prier en homme d'honneur que vous êtes, de ne plus exiger aucune promesse d'elle et de ne pas la presser de se lier à vous par des serments. L'affection qu'elle vous porte a grandi avec elle d'une manière inexplicable , et la pauvre fille ne vous aime déjà que trop pour la paix de son cœur, si un événement ou des circonstances devaient vous séparer jamais. Espérons pour le mieux , et soyez sûr qu'il faudra de bien grands obstacles pour m'empêcher de vous voir unis un jour.
Je remerciai le général les larmes aux yeux ; il me serra cordialement la main quand je lui jurai ce qu'il exigeait de moi , et nous nous quittâmes.
Combien je me trouvai heureux lorsque je rentrai dans ma chambre, que je m'assis poiu' calmer mou émotion, et que je repassai dans ma mémoire tout ce qui était arrivé ! Un instant , il est vrai , l'idée d'une situation aussi dépendante que la mienne, vint refroidir ma joie; mais, linslant d'après , je bâtissais mille châteaux en Espagne, j'inventais \i\\
moyen de découvrir la fraude de mon oncle, je me voyais en possession du litre et des biens de mon |jrand-père , et je les déposais aux pieds de Céleste. L'espérance soutenait mon courage, et il me suffisait pour le moment de savoir que Célesto répondait à mon amour. Je m'habillai avec soin et descendis au salon où je trouvai tous les convives réunis. Chacun parut gai , chacun parut heureux , et les dames supplièrent le général de me retenir prisonnier. C'était beaucoup d'amabilité de leur part, et peu s'en fallut que je n'appuyasse nwi-même leur demande.