CHAPITRE XLIX
histoire et vous connaissez le plus ardent de mes vœux .
— Pierre , mon père me chérit, m'aime ; il vous aime aussi , et beaucoup ; il vous a aimé dès l'instant qu il vous a vu pour la première fois. La franchise et la lovauté de votre caractère renchantent. 11 me le dit souvent, car sans cesse il me parle de vous.
— Eh bien ! Céleste, dites-moi, pourrai-je, quand je serai loin d'ici, me permettre de pensera vous? Pouirai-je nourrir l'espérance qu'à (juelque jour nous nous réunirons pour ne plus nous séparer? Et prenant la main de Céleste, je lui passai le bras autour de la taille.
— Je ne sais que vous répondre , mon ami ; je parlerai à mon père , ou plutôt vous lui parlerez , nest-ce pas? mais, s'il m'est possible, je n'épouserai jamais que vous.
Je la pressai sur mon cœur et lui baisai le front. Céleste fondit en larmes, et appuya sa tète sur mon épaule. Quand le général entia , nous étions encore dans cette attitude; mais ni la jeune fille, ni moi, ne cherchâmes à en changer.
— Général, lui dis-je, peut-être me blâmerezvous , mais je n'ai pu cacher les sentiments que Céleste m'inspire. Peut-être trouverez- vous que je suis imprudent et que j'ai eu tort de divulguer un seciet que j'aurais du garder au fond de mon cœur jusqu'à ce que ma position me permit d'aspirer à la main de votre fille; mais le temps si court que j'.ii à passer
en sa compagnie, la crainte de la perdre et la sincérité de mon attachement, pourront, je l'espère, me servir d'excnse.
Le général fit deux ou trois tours dans le salon, et s'arrêtant soudain : — Que dit Céleste ? demandat-il à sa fille.
— Céleste ne fera jamais rien qui doive mécontenter son père , répliqua-t-elle en se levant ; alors elle courut à lui, se cacha la figure contre sa poitrine et l'étreignit dans ses bras.
— M. Simple , je vais vous parler franchement , dit le général après avoir embrassé sa fille. Je ne connais aucun homme que je vous préférerais pour gendre ; mais il y a bien des considérations que des jeunes gens sont sujets à oublier. Je ne blâme pas votre affection ; elle parait payée de retour ; mais je ne veux ni promesses ni serments. Vous pouvez ne jamais vous revoir. D'ailleurs, Céleste est bien jeune, et jamais je ne contraindrai son inclination. Vousmême, mon ami , vous restez parfoitement libre, si le temps et les circonstances changeaient vos sentiments actuels.
— Je ne puis demander davantage , mon cbej; monsieur, répondis-je au général en lui serrant la main: c'est me traiter avec indulp:ence et m'accorder plus que je n'osais espérer. Je nous quitterai maintenant l'esprit tranquille; et l'espérance d'obteiiiiun jour Céleste stimulera mes efforts.
— A présent, s'il vous plaît, quittons cet entre-