‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 141 sur 250 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

engagé, chère Céleste, à ne prendre moi-même aucun engagement.

— Non; mais mon père m'a fait promettre que vous n'en prendriez pas, et que , si vous en vouliez, prendre, je vous en empêcherais aussitôt. Je suis décidée à tenir ma parole.

• — Soit, tenez-la. Céleste; mais imaginez tout ce que veut dire ceci Kt je lui donnai uivhaiser.

— Ne me trouvez pas trop hardie, Piene, mais je désire que vous partiez heureux, dit Céleste; ainsi donc, en retour, imaginez tout ce que veut dire cela... Et pour ne pas demeurer en leslc , elle me baisa sur la joue.

Nous eûmes ensuite lUie conversation de deux heures, mais le bavardage de deux amants n'a d'intérêt que pour eux, et il est inutile d'en importuner le lecteur. Le général survint, et m'annonça que la chaloupe était prête. Je me levai ; j'étais complètement satisfait des événements de ces trois jours, j(î dis d'une voix ferme adieu à Céleste, et je suivis son père qui avec plusieurs de ses ofTiciers m'accompagna jusqu'au rivage. Là, je le remerciai encore, il m'embrassa, et après avoir serré la main des autres ofTiciers, je m'élançai dans la chaloupe. Au bout d'une demi-heure je fus à bord du brick et dans les bias d'O Brien. Nous levâmes l'ancre; en peu de temps la ville de Saint-Pierre se déroba à mes yeux (jui la cherchaient encore, et nous vo;>uàmes veis lu liarbade. Je restai tout le jour dans la cabine d'O'Brien

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à qui jt^ racontai en détail tout ce qui s'était passé.

Lorsque nous mouillâmes de nouveau dans la baie de Carlisle , nous reconnûmes que l'ouragan avait étendu ses ravages sur les îles sous le vent , beaucoup plus loin que nous ne l'avions pensé. Nous y vîmes un certain nombre de vaisseaux qui avaient perdu un ou plusieurs de leurs- mâts, et il était fort difficile d'en remplacer autant. Comme nous arrivions les derniers, nous fûmes comme de raison les derniers servis ; et comme il ne restait plus de chaloupes en magasin , il n'était pas probable que nous pussions reprendre la mer avant deux ou trois mois. Le schooner corsaire la Jeanne-d'Arc était encore dans le port , mais on ne 1 avait pas équipé, faute d'hommes , et l'amiral proposa à O'Brien d'y faire passer une partie de son équipage, de le mettre sous les ordres d'un de ses lieutenants , et de l'envoyer en croisière. Cette proposition fut acceptée avec empressement par O'Brien, qui, de retour à bord, me demanda si je voulais prendre le commandement de ce navire. J'y consentis de tout mon cœur, car j'étais bien las de la Barbade et des poissons volans frits.

Je pris deux aspirants , Swinburne , et vingt hommes ; je reçus des provisions et de l'eau pour trois mois ; O'Brien me remit des instructions écrites et nous appareillâmes. Nous reconnûmes bientôt que les mais , vendus par l'Américain au schooner , étaient beaucoup trop forts pour lui; il était considérablement sui^màté, et nous fûmes obhgés à de

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