‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 170 sur 250 · CHAPITRE LIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV

à son chapeau , et s'éloigna du côlé sous le y( nt.

— Je présume , M. Simple , continua M. Hawkins en se rejetant sur moi , que vous croyez avoir le droit de critiquer votre capitaine , et de faire contre luiassautd insultes avec un officier inférieur, le tout sur le gaillard d'arrière dun navire de Sa Majesté.

— Si vous avez entendu notre conversation d un bout à l'autre, monsieur , répliquai-je, vous devez savoir que nous ne parlions des cours martiales c{ue généralement. Je ne pense pas mètre rendu coupable d'aucun délit pour avoir causé avec M. Swinburne des choses relatives au. service.

— Gsez-vous donc prétendre, monsieur, cpie le canonnier ne me désignait pas lorsqu'il parlait d un capitaine espion.^

— Je reconnais , monsieur , que comme vous écoutiez à notre insu , le mot peut vous paraître s'appliquer à vous; mais le canonnier, en le prononçant, ne se doutait pas que vous l'entendissiez. Son observation était qu'un capitaine espion trouve toujours des espions à ses ordres. Ce n'est, je crois, qu'une remarque générale , et je suis désolé qu'il vous en semble autrement.

— Fort bien, M. Simpl(>, dit le capitaine Hawkins; et 'l redescendit dans sa cabine.

— Corbleuî n'est-il pas étonnant, M. Simple , (jue je vienne avec I intention de vous rendre service, et que je vous mette dans de pareils draps?

Au reste , peut-être tout est-il pour le mieux ; la guerre ouverte est préférable à un guet-à-pens dans l'ombre et à un coup de poignard dans le dos. Le capitaine comptait ne jamais arborer un pavillon, mais je l'ai tellement piqué au vif, qu'il s'est oublié.

— Je crois que vous avez raison , Swinburne ; mais il me semble que nous ferons bien de ne pas causer davantage cette nuit.

— Plût à Dieu que nous n'eussions pas même causé autant, à la tournure qu'ont prises les choses! répliqua Swinburne. Bonsoir, monsieur.

En réflécbissantàce qui s'était passé, je me convainquis que Swinburne n'avait pas tort de dire qu'un éclat valait mieux qu'un plus long silence. Je savais dès lors à quoi m'en tenir, et prévenu de l'attaque, je pouvais songer à ma défense.

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