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CHAPITRE LVIII

Comment nous passâmes le Sund, et ce qui se passa dans le Sund. — « Le capitaine entend de nouveau une conversation entre Swinburne et moi.

J'étais monté sur la caisse aux signaux à l'arriére, cl je comptais ks bâtiments du convoi , quand Swinburne vint me trouver.

— Il y a une petite difference entre cette partie du monde et les Indes Occidentales, M. Simple, me dit-il. Des rocs noirs et des forets de sapins ne nous

rappellent ni les montagnes bleues de la Jamaïque, ni les cocotiers s' agitant au soulïle de la brise de mer.

— Non certainement, Swinburne.

— Nous aurons ici quantité de calmes , sans étouffer de chaleur; mais il se pourra bien que nous trouvions les chaloupes canonnières un peu trop chaudes; car, soyez-en sûr, dès que le vent tombera, elles sortiront de tous les coins et recoins , et nous donneront diantrement de mal.

— Avez-vous donc, Swinburne , escorté déjà un convoi dans ces parages?

— Oui , sans doute , et j'y ai vu faire de rude besogne, M. Simple; une besogne dont, je crois, notre capitaine ne se soucierait guère.

— Swinburne, je vous prie de garder pour vous vos réflexions relativement au capitaine ; rappelezvous la dernière fois. Mon devoir m'ordonne de ne pas les écouter.

— Et même , à ce qu'il me semble , d'en faire votre rapport, M. Simple, dit le capitaine Hawkins qui s'était glissé près de nous et avait encore écouté notre entretien.

— Vous m'avez cette fois évité la peine, monsieur, répondis-je; car vous avez entendu tout ce que nous avons dit.

— En effet , monsieur , répliqua- t-il , et je me rappellerai votre conversation.

Je retournai à mon poste. Quant à Swinburne,

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