‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 206 sur 250 · CHAPITRE LX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX

former du nom qu'elle portait, ainsi que de celui du commandant, et d'offrir à cet officier tous les secours dont il pouvait avoir besoin. Ce sont des formalités d'usage, et je partis pour remplir mes ordres. Quand j'arrivai sur le gaillard d'arrière , je demandai en français si par hasard quelqu'un parlait cette langue. Le premier lieutenant s'avança vers moi , et m'ùta son chapeau ; je lui exposai que je venais savoir le nom du vaisseau , ainsi que celui de l'officier qui le commandait , pour les consigner sur notre loch , et offiir tous les secours qui seraient en notre pouvoir. Il me répondit que le capitaine était sur le pont , mais quand il se retourna pour me l'indiquer, le capitaine était redescendu. — Je ne me doutais pas qu'il eût quitté le pont , mais je vais l'informer de votre message ; et le premier lieutenant me laissa. Pendant que j'échangeais quelques compliments et quelques nouvelles avec les autres officiers, qui tous me parurent être des gens comme il faut, le premier 'ieutenant revint et me pria de le suivre dans la cabine. Je descendis, la porte fut ouverte, il m'amena au capitaine et se retira. Je regardai le capitaine qui était assis devant la table ; c'était un homme aussi beau que vigoureux, avec deux ou trois rubans à sa boutonnière et une grosse paire de mopstachos. Il me sembla l'avoir déjà vu , mais je ne pouvais m rappeler quand; sa figure m'était assurément familière; mais comme j'avais appris des officiers que le capitaine était un comte Glouskson , personnage

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dont je n'avais jamais ouï parler, je crus qu'il devait y avoir méprise de ma part. Je lui adressai donc la parole en français, et lui débitai un long compliment qiie j'accompagnai de tous les et cetera nécessaires.

Le capitaine se tourna vers moi , baissa la main dont il s'était jusqu'alors caché le front, et, se plaçant de manière que je pusse le bien regarder en face : — M. Simple, répliqua-t-il , je ne comprends guère le français. Filez-moi votre câble en anglais, tout simplement.

Je tressaillis. — Il me semble connaître vos traits, m'écriai-je ; est ce une erreur ? non ; vous devez être... vous êtes... M. Glousse !

— En effet, mon cher M. Simple. C est votre vieil ami, c'est Glousse, le contre-maitre que vous voyez maintenant. Je vous ai reconnu dès que vous avez mis le pied sur le pont, mais j'ai eu peur que vousmême ne me reconnussiez tout de suite , et j'ai filé dans ma cabine, — malhonnêteté de ma part dont je dois vous demander pardon, afm que nous n'eussions pas devant tous mes officiers les explications qui ne pouvaient manquer d avoir lieu entre nous.

Après m'avoir cordialement serré la main , il me pria de m'asseoir. — Mais, lui demandai-je, pourquoi vos officiers m'ont-ils donc dit tout à l'heure que la frégate était connnandée par le comte Glouskson?

— C'est que maintenant je m'appelle ainsi , mou cher Pierre , répondit-il ; mais comme vous n'avez

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