‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 71 sur 250 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

toilette. Je vis un changement s'opérer sur la physionomie des trois examinateurs , et cette vue me rendit courage. Dans le fait, depuis que j'avais ressaisi mes idées, je n'éprouvais plus aucune espèce de crainte.

— Allons, M. Simple, levez -vous, me dit le capitaine avec bonté ; du moins, si vous êtes suffisamment remis; sinon, nous attendrons encore un peu. Ne craignez rien, nous désirons que vous soyez reçu.

Je n'avais plus peur , et me levai sur-le-champ. Je répondis d'une manière satisfiiisante à diverses questions ; et voyant que je les résolvais sans peine, ils m'en posèrent de plus difficiles. — Fort bien, fort bien vraiment, M. Simple; mais permettez-moi de vous en adresser encore une. Elle se rapporte à une manœuvre qu'il est rarement besoin d'exécuter, et peut-être ne pourrez-vous pas y répondre. Savezvous comment on vire vent devant ?

— Oui, monsieur, répondis-je, car j'avais, comme le lecteur peut s'en souvenir, vu exécuter la manœuvre en question, alors que je servais sous le pauvre capitaine Savage, et j'expliquai aussitôt comment il fallait s'y prendre.

— C'en est assez, M. Simple. Pour mon compte, je ne vous questionnerai pas davantage. Je vous ai pris d'abord pour un officier négligent, et pour un marin nul ; maintenant , je reconnais en vous un bon marin et un brave jeune homme. Dësirez-vous

interroger encore M. Simple, continua-t-il , en se tournant vers les deux autres?

Ils répondirent négativement ; mon certificat de réception fut signé, et les trois capitaines , après m'avoir fait l'honneur de me serrer la main , me souhaitèrent une prompte promotion. Telle fut Iheureuse issue d'un examen qui avait été si rude jx)ur mes pauvres nerfs ; et à ma sortie de la cabine, personne ne se serait imaginé combien mes angoisses y avaient été cruelles, en voyant la joie qui rayonnait sur ma physionomie.

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