‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 146 sur 219 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

de semblables promenades dans chaque ville que nous traversions C était dérisoire, mais les prisonniers étaient si rares, qu'on fiiisaitde nous le plus d'étalage possible. Quand nous arrivâmes enfin devant la maison du gouverneur, le gendarme qui nous avilit quittés sur la place fit un signe à O'Brien , comme pour lui dire : — J'ai ce qu'il vous faut. 0 Brien tira ses cinq napoléons qu'il enveloppa dans du papier et qu il garda dans sa main. Une ou deux minutes après , le gendarme s'approcha de nous, et présentant à O'Brien un vieux foulard : — votre mouchoir, monsieur, lui dit-il.

— Merci, répliqua 0 Brien en se hâtant de meltre dans sa poche le foulard qui contenait le plan; voici pour boire, mon ami. Et il glissa le papier avec les cinq napoléons dans la main du gendarme qui se retira aussitôt.

Ce fut fort heureux pour O'Brien et pour moi, car nous sûmes par la suite qu'en regard de nos noms avait été mise une croix qui défendait qu'on nous accordât la permission de sortir de la citadelle, soit sur parole , soit avec des surveillants. Au reste , quand même il n'en eut pas été ainsi, nous ne l'aurions jamais obtenue; carie lieutenant tué par O'Brien se trouvait proche parent du gouverneur de la forteresse, et cet homme n'était guère moins brutal que l'autre. Après être restés une heure environ devant riiôtel du gouverneur pour répondre à l'appel qu'on ftt de nous et satisfaire la curiosité de la foule, nous

nous remîmes en marche, et quelques minutes après nous fûmes enterrés dans une des plus fortes citadelles de France.

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