CHAPITRE XXIX
nous par milliers, les Ix^oites et les dauphins, (antùt poursuivaient les poissons-volants, tantôt senihlaierjt charmés de tenir compagnie à notre rapide navire. Tout était enchanteur, et nous aurions été fort heureux , sans l'état du capitaine Savage , d'abord , qui empirait de jour en jour, et ensuite, sans la crainte de l'enfer dans lequel nous devions entrer par un tel paradis marin. M. Falcon , qui était chargé du commandement, était grave et soucieux ; il semblait même fort chagrin d'une éventualité qui pouvait amener sa promotion. Pour tous les soins , pour toutes les mesures qui pouvaient assurer le repos du capitaine et lui donner du soulagement , il déplovait un zèle infatigable; et faire du bruit était alors à ses yeux un plus grand crime que s'enivrer ou désobéir. Quand nous ne fûmes plus qu à trois jours de la Barbade, tout le vent tomba presque, et le capitaine devint beaucoup plus mal; alors, pour la première fois , nous aperçûmes le grand requin blanc de l'Atlantique. 11 y a plusieurs espèces de requins; mais les plus dangereux sont le grand requin blanc et le requin terrestre. Le premier atteint à une longueur énorme; le second est rarement fort long et ne dépasse fTuère une douzaine de pieds, mais il prend une vaste largeur. Nous ne pûmes harponner aucun des reipiins qui jouaient autour de nous; car M. Falcon ne voulut pas le permettre, de crainte que le bruit qu'on ferait en les hissant à bord ne troubhàt le capitaine. Une brise venant à s'élever , nous fûmes en deux
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jours prés de I'ile, et les marins reçurent ordre de guetter la terre.