III. CARREAUX
54. — Le carreau de terre cuite est employé pour le pavement. Sa fabrication présente peu de particularités que nous allons examiner rapidement.
Il faut d'abord que le carreau soit à texture assez serrée, il ne peut donc s'accommoder d'une argile par trop sableuse et d'une cuisson trop faible qui n'en rapprocherait pas assez les particules.
§ I. — Façonnage des carreaux
55. — On façonne le carreau à la main très facilement. Il suffit d'un moule reposant sur une pierre plate et dans lequel on jette la pâte. La terre est ensuite tassée et, après avoir enlevé l'excédent avec la plane, polie à sa surface supérieure. On a moulé en terre assez dure pour qu'il n'y ait pas de pliure possible des carreaux au sortir du moule. Les carreaux démoulés sont ensuite empilés, séparés par une couche de sable.
Le carreau, une fois raflermi, est ébarbé et rebattu puis taillé. Pour cela, après avoir coupé les bavures, on bat avec une masse en bois le carreau posé sur une surface plane. Ensuite on pose un calibre sur le carreau et coupe de haut en bas avec un léger biais en suivant le calibre. Le carré est ainsi un peu plus étroit en bas qu'en haut, ce qui simplifie la pose.
On met les carreaux taillés de nouveau en pile et les laisse sécher régulièrement.
lOO
56. — Au lieu de mouler à la main, on fabrique aussi le carreau mécaniquement. La pâte sort en lame d'une filière, puis est découpée.
La presse à filière et l'appareil coupeur ne nécessitent
pas de description spéciale.
Le carreau ainsi obtenu n'est pas assez serré comme structure, aussi doit-on le rebattre
:fig.36;
Le rebattage se
fait soit aA'Cc une presse comme pour la brique, soit à la main comme nous venons de le décrire. Ce mode de rebattage est très employé dans le Beauvaisis où l'on fabrique sous le nom de carreau de Beauvais un produit très apprécié.
Fig. 36
57. — Le carreau se fait non seulement en une seule teinte, mais aussi en plusieurs tons disposés de manière à former le plus somment un dessin. vVutrefois on moulait un carreau dans lequel on réservait des creux que l'on comblait avec une barbotine de la seconde composition, présentement on moule en terre sèche.
Pour cela on a des compositions argileuses donnant par elles-mêmes des colorations différentes (par exemple une