AGGLOMÉRÉS DE CENDRES ET SCORIES
sur des fondations de briques ordinaires pour éviter l'ascension de l'humidité par capillarité.
134. — M. Blonde! qui a fait une étude spéciale de l'utilisation des scories et des cendres des chaudières à vapeur pour la construction des bâtiments indique de ne pas employer de poudre trop fine dans cette fabrication. L'agglomération peut se faire avec de la chaux grasse, mais aussi avec de la chaux hydraulique ou du ciment.
Le ciment donne une prise rapide et une résistance supérieure suivant le dosage employé, par contre, il élève le prix des matériaux fabriqués.
La chaux hydraulique ne lur a paru pas offrir les avantages que certains inventeurs lui avaient attribués. Il estime qu'on peut la remplacer avantageusement par un mélange de chaux grasse et de ciment, ce qui offre plus de latitude. La chaux grasse bien employée donne satisfaction dans le plus grand nombre de cas sous le rapport de la résistance et du prix moindre.
135. — Voici le mode opératoire recommandé par l'auteur quand on travaille avec de la chaux grasse.
La chaux grasse anhydre est disposée à plat dans un bassin peu profond en épaisseur, ne dépassant pas 0^,05 à G™, 12. Elle est ensuite recouverte de cendres fines humectées faiblement pendant plusieurs jours de manière à l'hydrater complètement sans la rendre pâteuse.
Pendant le foisonnement de la chaux certaines parties sont mises à nu, on les recouvre aussitôt de cendres pour les préserver du contact de l'air. Quand l'hydratation est complète, la masse est pulvérulente ; elle est bonne pour l'emploi.
Pierres et matériaux artificiels. i3
On crible pour séparer les parties incuites ou imparfaitement hydratées.
Avec un hectolitre de chaux et un mètre cube de cendres on fait un excellent mortier. Si l'on remplace les cendres ])ar des cendres de paillasse ou de four à étages Michel Perret on portera la chaux à i hectolitre et demi et le mélange ainsi formé pourra être utilisé pour des enduits aussi résistants que ceux de chaux hydraulique ou même de ciment. Enfin on pourra substituer aux cendres du mâchefer concassé et obtenir une très bonne composition pour le moulage en blocs.
La confection de ces mortiers se fait en brassant trois fois, par déplacement à la pelle, le mélange de chaux et de scories, et dans tous les cas le mouillage s'opère au moment de l'emploi par parties, de manière à fournir une consistance propre au moulage.
Les moules sont formés de deux bastings reliés par des entretoises de même dimension à tenons saillants aux deux extrémités et au centre. Des rainures pratiquées à l'intérieur permettent de sectionner le cadre avec des planchettes mobiles qu'on y glisse suivant la dimension de la pierre à fabriquer. La rigidité du moule est obtenue avec des chevilles en fer.
On garnit les moules à la pelle, presse au pilon et îisse finalement avec une jielle plate.
Avec la chaux le durcissement demande, dans la belle saison, cinq à six jours, après lesquels on renverse les pierres pour les détacher du sol. Quelques jours après on les met debout et quand elles ont acquis une dureté suffisante, on les empile et on les arrose, si cela est nécessaire, afin d'éviter un séchage trop rapide qui les rendrait moins résistantes.