‹ Pierres et matériaux artificiels de constructionChapitre 31 sur 72 · AGGLOMÉRÉS DE CENDRES ET SCORIES · texte numérisé non relu

AGGLOMÉRÉS DE CENDRES ET SCORIES

lico-calcaire renfermant en plus de la silice et de la chaux un corps inerte qui lui donne de la compacité.

i3i. Agglomérés calcaires de débris de pierres naturelles. — M. T. M. Thorn s'est occupé de l'utilisation des débris de pierres calcaires compactes que l'on trouve en Angleterre pour reconstituer des pierres artificielles ne se distinguant pas des produits naturels.

Ses efforts ont porté surtout sur les débris de calcaire oolithique fréquent en Angleterre.

Les déchets sont broyés jusqu'à présenter le degré de finesse des grains d'oolithe naturel, puis la poudre est additionnée de chaux, environ un septième. On mélange dans un tambour rotatif et procède ensuite à l'extinction. Le mélange est ensuite comprimé dans des moules sous une pression de 4o à 80 kilogrammes par centimètre carré.

Ce procédé de reconstitution s'applique également aux débris de pierres dolomitiques ou magnésiennes employés dans la construction.

On peht également obtenir des pierres colorées en ajoutant un colorant à la masse.

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182. — Les cendres sont abondantes dans le voisinage des fabriques et des grandes villes. On y brûle du charbon de terre dont les cendres constituent un résidu encombrant sans valeur.

Pour employer ces cendres dans la fabrication d'agglomérés calcaires il faut d'abord les débarrasser de matières

PlEJUil-S lîT MATÉKIAVX ARTIFICIELS

gênantes qui les souillent, telles que : fragments de combustibles non brûlés, débris minéraux rocheux ou autres, qui peuvent avoir subi une fusion ou une agglutination lorsqu'ils étaient à l'état pâteux. On peut rencontrer aussi dans les cendres des sels solubles.

Les cendres de charbon de terre brûlé sur une grille sont ordinairement presque exemptes de débris de combustibles non brûlés; elles ne renferment pas non plus beaucoup de débris rocheux, aussi leur purification estelle relativement aisée.

Le premier travail préparatoire à leur faire subir est le tamisage. On enlève ainsi tous les morceaux ayant de trop grosses dimensions. On ne prend que les fragments de la grosseur d'un pois et au-dessous. Cette poudre grossière qui a traversé le tamis est alors soumise à un deuxième tamisage pour la débarrasser des poussières par trop fines.

Les fragments trop gros, les impuretés sont broyées et amenées à la grosseur d'un pois. On les tamise ensuite et les mélange aux cendres ayant déjà la grosseur requise.

Les cendres tamisées sont alors lavées. On procède à ce lavage soit par décantation en délayant la cendre dans l'eau, laissant déposer et vidant l'eau surnageante, soit en faisant des tas que l'on arrose avec un jet d'eau. On sèche ensuite les cendres lavées.

Pour agglomérer les cendres on se sert de chaux grasse autant que possible. Comme composition moyenne du mélange on prend :

I partie 3 à 4 parties

Chaux .

Cendres

AGGLOMÉBÉS DK CENDRES ET SCORIES 2l5

La chaux est incorporée aux cendres non à l'état de chaux vive, mais éteinte sous forme de lait de chaux épais. 11 est important de ne pas employer un excès d eau. Avec une quantité de liquide insnlfisante la masse ne se laisserait travailler que difficilement.

Le mélange se fait dans un appareil mélangeur. Nous avons déjà décrit des instruments de cette sorte, aussi ne reviendrons-nous pas sur ce point. Le travail dans le mélangeur développe la plasticité de la pâte et l'on arrive au hout de quelque temps à une masse façonnahle, ayant une plasticité analogue à celle de l'argile.

La quantité d'eau que l'on a incorporée doit être déterminée avec soin, car les pierres sécheront d'autant plus vite et seront d'autant plus denses qu'elles contiendront moms d'eau. Il y a donc intérêt, indépendamment de la question de plasticité, à se servir de pâte possédant juste la quantité de liquide indispensable, tout excès d'eau ne pouvant que retarder la fabrication.

i33. — Apres un bon mélangeage et un malaxage, si cela est nécessaire, la masse est prête pour le façonnage. On peut opérer soit à la main, soit avec une machine à briques à fihères ou même avec une presse pouvant exercer un effort assez puissant. On effectue la pressée dans ce cas dans des moules de fer garnis de sable fm. Les moules garnis de composition passent sous un cylindre lourd. On fait deux pressées avec ce dispositif et sépare en même temps les bavures qui sortent du moule.

En frappant sur la forme on démoule la brique en ayant soin de la recevoir sur une surface sablée. On 1 abandonne alors à la dessiccation. Ce séchage doit s'effectuer dans un local disposé ad hoc. Une fois que la dessi-

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cation s'est effectuée, les pierres n'ont encore qu'une solidité relativement faible, mais leur dureté augmente avec la durée de l'exposition à l'air. En même temps que l'hydratation devient plus complète, la chaux absorbe du gaz carbonique et la formation de carbonate contribue à relier plus intimement les particules l'une à l'autre.

Pour accélérer le durcissement de ces briques on dispose les briques dans une chambre possédant une entrée d'air et une sortie à la partie supérieure, en ayant soin de laisser un peu d'espace entre les briques, de manière à faciliter le mouvement de l'air entre elles. On emploie une source de chaleur auxiliaire telle que des corbeilles à coke. La dessiccation, et, par suite, le durcissement sont notablement accélérés. Cette introduction de foyers à coke n'agit pas uniquement par la chaleur que la combustion du coke vient apporter, La combustion fournit de l'acide carbonique qui est absorbé par la chaux.

En combinant la dessiccation et l'action ménagée du gaz carbonique on arrive à obtenir des briques aussi dures que celles qui ont séjourné plusieurs mois à l'air. Ces briques ont une grande résistance vis-à-vis des agents atmosphériques.

Ces briques de cendres s'emploient dans la construction des murs avec du mortier comme les briques ordinaires. Il est préférable cependant de se servir de la même composition que celle qui constitue les briques.

Ces briques sont moins denses que les briques cuites, aussi doit-on donner aux murs que l'on construit avec elles un peu plus d'épaisseur qu'à ceux que l'on élève avec des briques d'argile cuite.

Leur porosité ne permet pas de les employer sur des terrains humides. Dans ce cas on ne doit les poser que

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