AGGLOMÉRÉS AL CIMENT MAGXKSIEV
agitées. On emploie le mélang-e sous forme de masse très plastique. Cette composition durcit très rapidement.
La résistance des agglomérés au ciment magnésien dépend de la concentration de la solution de chlorure de magnésium. Le maximum de solidité s'obtient avec :
Magnésie calcinée lo
Solution de chlorure de magnésium à 80 "/o . * 6
208. Cajalithe. — D'après Feichtinger 3) on aurait donné ce nom à un produit à base de ciment magnésien. Lehner Ox) décrit la cajalithe comme formée de magnésie et silice.
209. Albolithe. — L'albolithe^ estencore unproduità base de ciment magnésien. L'inventeur Riemann le fabrique en calcinant de la magnésie dans un four à cornues, puis ajoutant <à la masse du chlorure de magnésium et de la silice amorphe. Le mélange doit avoir la consistance d'une bouillie plus ou moins claire suivant la lemi)érature à laquelle on travaille. Au bout de 6 heures environ, la masse est devenue complètement dure. Une fois que celte matière a pris assez de consistance pour se rayer encore avec l'ongle, il se produit un dégagement de chaleur assez sensible, pouvant donner une élévation de température de plus de 100" si la masse est importante. L'albolithe ne résiste pas à l'action prolongée de l'eau.
Lehner^ décrit l'albolithe comme un simple aggloméré de silice amorphe et magnésie obtenu sans addition de ciment.
1 Feichtinger, 4.
"^Lehneu, 5.
PIEUUKS ET AIATÉRIAUK ARTIFICIELS
2IO. — Le ciment magnésien a été vivement combattu dans ces derniers temps et un journal allemand' a publié une élude critique de ce produit que nous croyons utile de mettre sous les yeux de nos lecteurs.
« Il y a des gens encore aujourd'hui qui cherchent des améliorations au ciment de magnésie. De nombreux brevets qui concernent le ciment de magnésie en sont la preuve et il ne se passe guère de semaine sans qu'un brevet soit demandé au sujet de ciment à base de magnésie ou d'un mélange magnésien, ou bien au sujet de l'obtention d'un ciment de cet ordre. Pour celui qui a vu de près le ciment magnésien et qui s'est occupé spécialement de l'obtention de ce liant, il n'y a pas de doute que l'on n'ait pas pu arriver à préparer un ciment magnésien exempt de reproches et de volume invariable.
Dans tous les ciments magnésiens on n'a trouvé qu'une source de pertes d'argent qui, d'année en année, ont pu se chiffrer par des centaines de mille francs. Aucun ciment n'a un volume invariable et, comme l'expérience l'a montré^ il n'y a aucune raison pour que l'on puisse arriver à faire un ciment magnésien de volume invariable. La constance du volume est une qualité primordiale pour un ciment. Le pire c'est que le ciment magnésien gonfle plus ou moins tardivement et hnit par se briser. Supposons qu'il s'agisse d'une plaque de revêtement en ciment magnésien ; elle durera peut-être un an ou deux, puis la plaque, unie à l'origine, commencera à se gondoler et à se fendre. Quels que soient le mode et le procédé d'obtention, ce gondolement sera un avertisseur d'une destruction complète d'ici peu de temps.
1 Toninduslrie Zeilwuj Î906, i333 et Ciment, cliaux, plâtre, 1907 , 3i.
C[MENT ZfNCIQLE 2']']
L'inventeur, le plus souvent, n'a aucun soupçon au début que les carreaux qu'il a façonnés ne puissent avoir toutes les qualités désirables et tout va bien jusqu'au moment où arrivent les réclamations.
Ce manque de constance de volume est une propriété fâcheuse inhérente au ciment magnésien et qui condamne son emploi dans le bâtiment.
On pourrait s'imaginer que ces faits sont très connus, il n'en est rien ; aussi avons-nous cru bon de faire connaître cette critique complète qui est la condamnation du procédé pour mettre en garde ceux qui se laisseraient tenter par un mode d'obtention facile de produits dont ils ne soupçonnent pas le manque de stabilité possible ».
IIL CIMENT ZINCIQUE
211. — Au lieu de faire agir de la magnésie sur du chlorure de magnésium, c'est-à-dire un oxyde sur le chlorure correspondant, on peut mettre en présence de l'oxyde de zinc et du chlorure de zinc. Il se forme dans ces conditions un oxychlorure de zinc qui se solidifie rapidement et prend de Lr dureté. Le ciment zincique ainsi fait est plus cher que le ciment magnésien et ne peut trouver d'emploi que dans un cercle assez restreint. Il sert plutôt d'agglomérant pour fabriquer des produits destinés à la confection d'objets d'art que pour composer des masses devant servir de matériaux de construction. La matière elle-même est dure.
L'oxyde de zinc très fm que l'on trouve dans le commerce convient très bien comme qualité mais il est beaucoup trop léger. L'oxyde de zinc calciné a plus de densité
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PIKUlU'.S ET MATÉUIAUX ARTIFICIELS
et se prête beaucoup mieux que Je précédent à la fabrication d'un ciment.
On prépare le ciment à l'oxyclilorure de zinc en ajou- , tant de l'oxyde de zinc à une solution de chlorure de zinc. Cet oxyde de zinc doit ctre exempt de carbonate ; aussi est-il bon de Je calciner fortement et après ce traitement par la chaleur de le conserver dans des récipients fermant bien.
212. — On a fait des ])ierres agglomérées au ciment zinciqueavec dilTérentes matières. On peut citer, parmi elles, les pierres de poudre de verre.
Ce genre de pierre est fait en ajoutant à l'oxyde de zinci la moitié de son poids de verre en poudre. Line fois ces' deux corps mélangés, on verse dans le mélange le chic rure de zinc préalablement dissous. La préparation de la masse se fait en tous points comme celle des pierres au ciment magnésien.
La prise des compositions à base d oxychlorure de zinc est relativement rapide, aussi faut-il opérer vivement le moulage une fois le mélange fait. On a la ressource pourtant de ralentir la prise en ajoutant au chlorure de zinc du borax. Dans la solution concentrée de chlorure de zinc on verse alors suffisamment de borax dissous à saturation dans l'eau, pour que Je poids spécifique de la solution descende à i,5ou 1,6.
21 3. — Les produits cimentés à l'oxychlorure de zinc sont très résistants, mais leur résistance présente des différences avec celle des produits magnésiens du môme ordre. Certaines compositions peuvent bien prendre rapidement une dureté surpassant celle du marbre, tandis que
CIMENI- ZINCIQUE 2'y()'
d'autres ne durcissent que lentement, arrivant tout au plus à présenter la résistance du plâtre.
Ces inconvénients tiennent à ce que l'oxyde de zinc absorbant facilement l'acide carbonique, si l'on emploie un oxyde de zinc carbonate, plus ou moins, on introduit dans la composition un corps inerte faisant fonction de corps de remplissage et n'exerçant aucune action chimique, puisque le carbonate ne forme pas d'oxychlorure avec le chlorure de zinc.
21 4. — Sous le nom de pierres Ferwer, on a désigné des produits obtenus en agglomérant des débris de pierres avec un sel basique de zinc.
Voici comment l'auteur a décrit la conduite du procédé.
On mélange, intimement, d'abord 5 parties de marbre en poudre avec i partie de bleu d'outremer. Le mélange est ensuite humidifié avec suffisamment d'eau pour faire une pâte que l'on étale en bandes ayant i centimètre d'épaisseur au moyen d'un cylindre. Ces croûtes sont abandonnées ensuite à la dessiccation, puis on les badigeonne d'une solution aqueuse saturée de sulfate de zinc. Ce réactif est appliqué tant qu'il est absorbé mais sans toutefois provoquer le ramollissement de la masse. On procède après cela à un nouveau séchage. Une fois séchée complètement^ la masse est trempée dans une solution de sulfate de zinc maintenue vers 64°, de manière à bien l'imprégner. Au bout de cinq heures d'immersion, la matière est devenue plus dure que le marbre ; elle se prclc alors au polissage. La composition a tout à fait l'aspect alors du lapis-lazuli.
Lehner qui a examiné ce procédé déclare que la masse de marbre en poudre et d'outremer n'a pas la consistance
PIEUUES ET MATÉRIAUX AllTlllClELS
que lui indique l'auteur, qu'elle se pulvérise au moment où on la trempe dans le sulfate de zinc. Il propose de 7uodifier un peu le procédé et d'agglomérer le tout avec une solution de colle de peaux à i "/o • On ainsi une pâte collante que l'on presse dans des moules. Ces moules sont de simples cadres en bois que l'on pose sur une glace, et dont les montants ont 1:2 millimètres environ. La composition durcit et l'on obtient ainsi des plaques ayant environ I centimètre d'épaisseur. La colle a donné au mélange sulTisamment de solidité pour que l'on puisse le tremper dans le sulfate de zinc sans difficulté. Par l'emploi d'une glace pour faire le fond du cadre on a un beau poli.
On a recommandé aussi, pour donner de la dureté à ces produits, de tremper les plaques ainsi faites dans une solution étendue de silicate de soude de manière à bien les en imprégner. On sèche ensuite les plaques de champ, et l'on enlève avec une éponge humide les efflorescences salines qui peuvent se développer. Les plaques durcies au silicate ont un éclat vitreux et ne présentent plus le beau poli des précédentes. En substituant au siUcale du borax, on a un poli rappelant celui du marbre.