UN CONCERT
Musée de l’Ermitage, S^Pétersbourg
composition d’un Gérard Dou ou d’un Miéris, ni la virtuosité de coloris ou le don d’énigmatique puissance qui se remarque dans les œuvres de Vermeer de Delft; ses qualités vont plus directement aux yeux et au cœur. Il a plus de tendresse et plus d’émotion communicative.
Cette émotion disparaîtra dans les œuvres de la dernière période, lorsqu’il peindra des sujets plus artificiels. Nous admirerons encore ces scènes élégantes où de beaux gentilshommes se livrent en compagnie de femmes richement vêtues aux plaisirs de la musique, mais l’impression que nous recevrons de ces tableaux, d’autres peintres hollandais nous la donnèrent. Sans doute il y a ici un élément que nous ne trouvons nulle part ailleurs : c’est la belle lumière dorée, qui illumine si tendrement les personnages et les objets ; mais nous en avons éprouvé le charme plus intense encore dans les plus belles œuvres du maître.
Pieter de Hooch est avant tout le peintre de la lumière, c’est sa grande originalité d’avoir introduit dans ses compositions la séduction troublante d’un rayon de soleil, de l’avoir disposé avec un goût dont la sûreté nous étonne, d’en avoir exprimé toute la poésie avec une simplicité de moyens vraiment extraordinaire, sans heurt et sans cri, sans aucun des artifices qui tentent si souvent nos peintres modernes.
Sensibilité et métier, émotion et vérité, tels sont
les principaux éléments dont est fait le talent de Pieter de Hooch. S’il nous était permis de nous livrer au petit jeu des comparaisons et de rappeler la littérature à propos des arts plastiques, nous dirions, en songeant à notre peintre et à Rembrandt dont il procède, que si Fauteur de la Ronde de Nuit peut nous faire penser à Corneille par la sublimité de son génie, Pieter de Hooch se réclamerait du talent de Racine par ses tendresses, ses douceurs, par le don précieux d’interpréter le charme de la femme et par la distinction de la forme qui fait de ce peintre de la lumière un des plus sensibles parmi tous les artistes hollandais de la grande époque.
CATALOGUE DES ŒUVRES DE PïETER DE HOOCH
Nous avons suivi pour cette énumération le catalogue dressé par M. Hofstede de Groot (édition anglaise, Londres, Macmillan and C°, limited, 1908). A Catalogue raisonné of the Works of the eminent dutch painters of the seventeenth century.
Ce catalogue cite plus de 400 œuvres, mais il n’accorde d’authenticité certaine qu’à celles dont nous donnons la liste.
Les tableaux précédés d’un astérisque sont ceux que M. Hofstede de Groot n’a pas vus, sur l’authenticité desquels il ne peut se prononcer ou que le savant critique hollandais ne cite pas.
En Hollande :
Le Cellier. — - Rijksmuseum, à Amsterdam, 68x58, signé en bas, à gauche.
Ventes Pieter van der Lips, Amsterdam 1712, Walraven, Amsterdam 1765 (450 florins), J. De Bruyn 1798, P. de Smeth, Amsterdam 1810, Mme Hogguer, Amsterdam 1817 (4010 florins).
Gravé par J. Boland et W. Unger.
Joie Maternelle. — Rijksmuseum à Amsterdam, 36.5 x 42, signé P. D. HOOCH en bas à gauche.
Ventes Loquet 1783, Jurriaans 1817, G. Schimmelpennik 1819, De Vries, Amsterdam (925 florins)..
Collection van der H 00p.
Tâche Maternelle. — Rijksmuseum, à Amsterdam. Toile 52.5x6i.
Ventes Braamcamp 1771, J. L. van der Dussen 1774 et J. J. de Faesch i833.
Gravé par C. L. van Kesteren.
Collection van der Hoop.
Jeune femme recevant une lettre. — Rijksmuseum, à Amsterdam. Toile 68 X 5g, signé au milieu sur le bord de la fenêtre P. de hooch 1670.
Vente J. Caudri, Amsterdam 1809.
Collection Van der Hoop.
La maison de Campagne. — Rijksmuseum, à Amsterdam. Toile 61 X 47, signé à gauche sur le banc P. D. HOOG.
Vente O’Neil i832.
Collection Van der Hoop.
La bonne ménagère. — Collection du docteur j. P. Six, à Amsterdam. Signé P. de Hoogh i663.
Ventes baron Lockhout, Rotterdam 1726, Joachim Rendorp 1793, Smith 1828.
Le Concert. — Ancienne Collection du baron H. A. Steengracht, à La Haye. Racheté par la famille à la vente de cette collection, à Paris en juin 1913.
Groupe dînant sur une terrasse. — }. E. Goedhart, Amsterdam (1895).
Soldat dans une taverne. — J . E. Goedhart, à Amsterdam(i892).
Petite fille et gentilhomme à table. — J. Mos, Arnheim.
Jeune femme avec cavaliers. — Collection Dr C. Hofstede de Groot, à La Haye.
Jeune femme au balcon. — Collection A. Philips, à Maestricht.
En Belgique :
Dame lisant. — Collection du duc d’Arenberg. Toile H. 57 Va X 78 Va , ventes de Maystre de Geneva, Paris 1809, et J. L. Laneuville, Paris 1811.
Une dame et sa servante . — Collection Schollaert, à Louvain.
Femme avec un enfant . — Collection Schollaert, à Louvain.
Le Duo. — Collection Paul Errera à Bruxelles.
*Une dame dans un paysage. — Musée de Bruxelles, attribué à Pieter de Hooch, par M. Bredius. 0.77x0.61. A cataloguer sous réserve.
* Cavalier fumant au coin du feu et une jeune dame. — Vente J. L. Menke, à Anvers. Attribué par le catalogue à Jan Van Ochterveldt, mentionné par M. Rooses, Vlaamsche School, 1895. M. Hofstede de Groot croit que le tableau pourrait être de Pieter de Hooch.
En France :
La M'ere et l’Enfant. — Musée du Louvre. Signé P. D. Hooch.
Acheté par Denon au marchand La Fontaine, qui l’avait apporté à Paris.
Les Amoureux. — Musée du Louvre, à Paris. Signé PD HOOCH.
Ventes Wassenaar van Obdam, à La Haye (1750), Paillet, à Paris 1777, Claude Tolozan, à Paris 1801.
Jeune femme avec un enfant. — Collection du baron Edouard de Rothschild, à Paris. Signé au bas à gauche P D HOOGE.
Femme au verre d’eau. — Collection du baron Edouard de Rothschild, à Paris.
Vue de Delft après l’explosion de 1654. — F. Kleinberger, à Paris.
Ménagère avec une Servante. — Musée de Lille.
Don d’Alexandre Leleux en 1873.
Une femme, une servante et une petite fille. — Ancienne collection de la princesse de Polignac.
Le perroquet. — Collection A. Schloss, à Paris.
Petite fille et deux cavaliers. — Collection de feu le baron Alphonse de Rothschild, à Paris.
Conversation. — A appartenu à Sedelmeyer, à Paris.
*Les Pantoufles. — Appartenait en 1898 à Sedelmeyer, à Paris.
Catalogue Smith. « Ce tableau, dit l’auteur, fut évidemment peint sur place et peut être considéré comme un trompe-l’œil de l’art. »
Femme avec un enfant à côté d'un berceau. — A appartenu à Kleinberger, à Paris.
Femme et servante. — Acheté à Paris, par Kleinberger.
Femme pelant des poires. — Ayant appartenu au marchand de tableaux Sedelmeyer, à Paris.
Intérieur. — Ayant appartenu au marchand de tableaux Sedelmeyer, à Paris.
Femme et servante auprès du feu. — Ayant appartenu au marchand de tableaux Sedelmeyer, à Paris.
Intérieur. — Musée d’Aix.
Intérieur. — Collection Rothschild, Paris.
Un homme et une femme , dans une chambre à coucher . — - Ancienne collection Rodolphe Kann, à Paris.
*Femme travaillant à l'aiguille et gentilhomme avec une lettre. — Ancienne collection du baron G. Th. O. M. van Brienen van de Grootelindt d’Amsterdam, à Paris (cité par Smith i833).
Joueurs de cartes. — Ancienne collection Weber, à Hambourg. Acheté 80.000 francs par M. Sedelmeyer, à la vente à Paris en juin 1913.
En Angleterre :
Jeune fille avec deux cavaliers. — National Gallery, à Londres..
Acheté en 1871 (Collection Peel). Signé P. D. H,.
Femme lavant du poisson. — National Gallery, à Londres.
Acheté 41,000 francs à la vente Delessert, en
Scène dans une Cour (Cloître S4 Jérôme. — National Gallery, à Londres. — Signé à gauche sous l’arche P. D. H. A. i658.
Provient de la collection Peel. Gravé par Rajon.
Les joueurs de cartes. — Buckingham Palace, Londres.
Ancienne collection Pourtalès.
La Fileuse. — Buckingham Palace, à Londres.
Acheté par le roi George IV pour 420 livres sterling.
Femme et enfant dans une rue. — M. Hofstede de Groot croit que ce tableau, un des meilleurs du maître, a été détruit par un incendie à Bath House, Londres.
Le perroquet favori. — Collection du comte de Northbrook, à Londres.
A appartenu au duc de Berry.
Le Concert. — Ancienne collection Linton, à Brighton.
Dame jouant du violoncelle. — Ancienne collection A. Beit, à Londres.
Concert. — Collection du duc de Wellington, Aspley House, Londres.
Concert. — Galerie de Hampton Court. Signé et daté 1647 ou 1667.
Musicien et Dame. — Ancienne collection Norman Forbes Robertson, acheté par Kleinberger, à Paris.
Concert. — Ancienne collection Arthur Kay, à Glascow.
La jeune mère. — Collection Fleischmann, à Londres.
Ventes Van de Velde (1774), Amsterdam, et Mme Deval (1904), Paris.
Mère allaitant son enfant. — Collection du comte de Ellesmere, Londres.
Femme pelant des pommes de terre. — Collection Wallace, à Londres.
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Petit garçon apportant une corbeille . — Collection Wallace, à Londres.
Ventes Andrioli, Amsterdam (i8o3), Van Brienen van de Grootenlindt, Paris (i865), 5o,ooo francs.
Dame à sa toilette. — Collection du duc de Wellington, à Aspley House, Londres.
Signé sur le pied de la table P. D. Hooch.
Intérieur. — Ayant appartenu à Thomas Lawrie et Cie, à Londres en 1898.
Dame, servante et enfant . — Collection du duc de Buccleuch, à Montague House, Londres.
Concert. — Collection de Sir F. Cook Bart, à Richmond.
Chambre à coucher avec jeune femme jouant de la harpe. — Vente H. Bingham Mildmay, Londres, 1893.
Le Duo. — P. et D. Colnaghi, Londres (1888).
Intérieur avec deux personnages. — Sir G. Donaldson, à Londres (1902).
Intérieur avec deux gentilshommes assis. — Collection Gibbs, à Londres.
Femme cousant et gentilhomme. — Collection J. P. Heseltine, à Londres.
Groupe à table. — Collection Joseph, Londres.
Intérieur avec deux personnages. — Collection A. J. Robarts, Londres.
Le verre refusé. — Collection George Saltine, Londres.
Femme et enfant dans une cour. — Mr Lawrie, Londres en
Intérieur avec cour. — Ancienne collection Lawrence, à Londres.
Les joueurs de tric-trac . — Galerie Nationale, à Dublin.
Les joueurs de cartes. — Collection Sir F. Cook Bart, à Richmond, Surrey.
Le paiement de l’hôtesse. — Collection du marquis de Bute, à Londres.
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Soldat, femme et enfant dans une étable. — Collection Fleischmann, Londres.
Homme et femme dans une cour . — Collection Lady Wantage, Londres.
Cour avec un berceau de verdure. — Collection du comte de Strafford, Wrotham Park, Enfield.
Signé sur la porte, au milieu « P D H i658 ».
Le Départ. — Collection C. T. D. Crews, Londres.
Le jeu de quilles. — Ancienne collection de Ferdinand Rothschild, à Wadderdon Manor.
Signéprès du parterre de fleurs à droite P D Hoogh. Vue de ville. — Londres (1894). Vente Pemberton, de Heywood Londres (1890).
*Le Concert . — Vente Théobald, Londres, 10 mai i85i (cité par Smith, Catalogue raisonné).
En Allemagne :
M'ere à côté d’un berceau. — Kaiser Friedrich Muséum à Berlin. Toile 0.92 X 1.00.
Ventes Martin (1790), Schneider (1876), 1 35, 000 francs. Le cochon mis à mort. — Kaiser Friedrich Muséum, à Berlin. Attribué d’abord à Maes.
Acheté en 1879 à Paris. Toile 0.79X0.65.
*La Peseuse d’or. — Kaiser Friedrich Muséum, à Berlin. • Acheté à Paris en 1910. Toile 0.61 xo .53.
Intérieur hollandais. — Kaiser Friedrich Muséum, à Berlin, Ancienne collection Thieme.
Bois 0.41 x 0.37.
Le Trompette. — Prêté par le Kaiser Friedrich Muséum, à Berlin, au musée de Munster (Westphalie).
Vente Aug. Stevens, à Paris 1867.
Femme travaillant à l’aiguille. — Collection Weiner Weissbach, à Berlin.
Signé au bas à gauche, signature en partie effacée.
Ventes Meazza 1884 et Prince Paul Troubetzkoï
Femme avec enfant et petite fille. — Collection Albert Oppenheim.
Signé dans le coin à gauche P. D. H. A0 i658. Ventes Isaac Pereire (1872) et Rocard de la Salle (1881), Paris.
La Chambre à coucher. — Galerie grand-ducale, à Carlsruhe.
Signé à gauche sur le pied de la table.
Dame avec un perroquet. — Collection baron von Mansberg, à Dresde.
Le Perroquet. — Ancienne collection Weber.
Femme jouant de la guitare. — Vente Ad. Schuster, Cologne. La lettre d'amour. — Musée de Hambourg.
Officier et petite fille. — Musée germanique, à Nuremberg. Le départ pour la promenade. — Musée de Strasbourg.
Acheté par M. Bode, pour cette galerie.
Trois personnages dans une étable. — Collection de feu H. C. Michel, à Mayence.
La mère et l'enfant recevant de la monnaie. — Collection Berthold Richter, à Berlin.
Signé P. d. Hoogh.
Femme plumant un canard. — Musée de Dantzig.
Le Menuet. — Ancienne collection Wynn Ellis, à Londres.
Acheté par Steinmeyer, de Cologne.
Le Soldat. — Vente Wijl von Wijmetal, Cologne i8g5. Dame avec deux enfants et une servante. — Galerie de Schleissheim, près de Munich.
Femme apprenant à marcher à un enfant. — Collection du baron Speck von Sternburg à Lutzschena.
En Autriche :
Femme allaitant un enfant. — Kunsthistorisches Hofmuseum, à Vienne.
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Ventes Helslesster, à Paris 1802, Engelbrechts, Amsterdam 1817, Molkenboer, Amsterdam i853, prince Galitzin, Paris 1881, Jos. Bosch, à Vienne i885.
Groupe de Famille. — Académie des Beaux-Arts, à Vienne.
Longtemps attribué à Vermeer et à Terborch.
Soldats buvant. — Collection Alexander Tritsch, à Vienne.
En Italie :
Soldats dans une Taverne. — Galerie Borghèse, à Rome.
D’abord attribué à Jean Leduc.
La Garde. — Palais Corsini, à Rome.
Intérieur. — Palais Corsini, à Rome.
En Hongrie :
Jeune femme à la fenêtre. — Collection de la comtesse Palfîly-Palmé.
En Suède :
Mère à côté d'un berceau. — Musée national à Stockholm. Signé P. D. HOO.
Femme lisant. — Musée national à Stockholm.