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POTINS ET NOUVELLES

On lit dans le Ruy Blas :

« Une fort jolie actrice, récemment déférée au tribunal correctionnel, fut renvoyée absoute. On attribue naturellement cette solution à l'éloquence de son avocat (un de nos plus spirituels confrères qui avait, à cette occasion, réendossé la robe de sa jeunesse).

« Or, nous croyons savoir qu'au contraire tous les efforts de l'avocat-journaliste n'avaient pu convaincre complètement qu'un seul des juges et que ladite fort jolie artiste gagna ellemême sa cause. . . tout simplement, en manquant de respect au Président du tribunal !

u En effet, tandis que notre confrère parlait,

le magistrat, qui n'écoutait pas, regardait l'inculpée : celle-ci, alors, effrontément, lui tira la langue — oh ! pas une langue de deux mètres, non ! mais enfin, le Président perçut nettement un petit bout de langue rose qui pointait entre deux lèvres rouges, pistil délicat d'une fleur de pourpre...

« Cette irrévérence, ô prodige ! loin d'aggraver la situation de l'exquise prévenue (une prévenue qui en vaut bien deux, par le charme capiteux) produisit le plus heureux effet : le Président, qu'on disait acquis d'avance à l'accusation, s'est rangé à l'avis de celui de ses assesseurs qui réclamait l'acquittement.

<( Et l'on songe à ce roi de France qui ne vengeait point les injures du duc d'Orléans : le Président Zibeline est un type dans le genre de Louis XII!...

(( Ne quittons point le Palais sans annoncer que certain président d'une chambre correctionnelle (serait-ce le même ?) jusqu'ici très pistonné par nombre de personnages politiques, notamment par un sénateur des plus vertueux, est tombé en disgrâce : le siège vacant de conseiller à la Cour d'appel, qui lui était promis,

vient d'être attribué à M. le juge d'instruction Leuvé. »

On lit dans Vlndiscret :

( Depuis plusieurs jours, des dames de tous les mondes, et même du vrai, se plaignaient que, dans les allées du Bois de Boulogne, un individu se fût livré devant elle à des exhibitions obscènes. Arrêté hier, le satyre, un nommé Camille Nerviol, a demandé à être défendu par M° Maugis. Celui-ci s'est récusé. »

•( Notre correspondant de Gavaçi nous annonce la démission, pour raison de santé, du prince Mihaïl, ministre de la Guerre. Le prince, à gui le climat morénien n'est pas favorable, viendra se rétablir à Paris, oii il compte, comme on sait, tant d'amis — ^"et une si belle amie aussi : ce n'est un secret pour personne que, passionné de théâtre, il prodigua naguère à la délicieuse P... de F... des conseils éclairés, extrêmement éclairés. Des lettres viennent d'être échangées, dit-on, qui scellent une réconciliation complète entre ce grand seigneur étranger et notre délicieuse compatriote. »

312 PIMPBENETTE,

On lit dans le Gil Blas, sous la signature de Maurice Cabs :

« Notre jeune confrère René de Gernys publie sous ce titre : Muguette, son premier roman, une curieuse étude de mœurs théâtrales. <( Muguette » ne serait autre, paraît-il, qu'une de nos plus personnelles artistes de genre, héroïne d'un procès récent; car le roman de René de Gernys est « à clé » : gageons que personne ne se servira de la clé pour siffler ! »

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