MALGRÉ L'ORGUEIL
Malgré l'orgueil fou qui les grève Les vanités que nous avons Sont pauvres bulles de savon Qu'un souffle gonfle, un autre crève.
En mirant de leur frêle rêve L'image — agrandie ! — elles vont Malgré l'orgueil fou qui les grève Les vanités que nous avons.
Elles vont, dans l'heure aussi brève, Avec de très grands airs bouffons Pour mieux cacher leur vide où fond Notre horreur d'un néant sans trêve Malgré l'orgueil fou qui les grève.