AVIS AU CORPS ÉLECTORAL
En faisant la liste des candidats que j’ai proposés , j’ai éprouvé non l’embarras des richesses , mais la détresse de la misère. Après avoir désigné treize patriotes bien prononcés, qui ne s’étaient jamais démentis , j’ai été aux informations et j’ai
indiqué , sur la garantie de plusieurs citoyens sûrs, quelques candidats que j'ai vus dès lors à l'œuvre et quelques autres auxquels doivent être préférés des hommes plus instruits et plus énergiques, dont les noms me sont revenus. Je viens d'apprendre que le sieur Tallien a toujours été l'âme damnée de Rœderer , qu'il s’est opposé , dans le temps , avec fureur à la fête de Château- Vieux , qu’il a combattu avec opiniâtreté la proposition , faite au corps électoral , de manifester son vœu pour la proscription des trophées élevés à la mémoire de l’indigne maire d'Étampes et déposés au Panthéon. Si mon jugement est de quelque poids auprès des amis de la liberté, je dirai que depuis quatre jours que j'examine sa conduite dans les assemblées du corps électoral, je n'en ai été gu ères moins scandalisé que de celle de Dugazon *, leur manière de se produire, quelques motifs qu’ils lui donnent, ne passera jamais que pour le manège d’intrigans cupides qui cherchent des places et qui sont au désespoir de les voir échapper.
Je rétracte pareillement mon suffrage à Vitet , à Coffinhal et à Margueré.
Je recommande donc à mes frères les électeurs :
Panis , l'un des sauveurs de la patrie la nuit du 9 , lequel a rallié les fédérés aux patriotes des faubourgs, fait distribuer 5,ooo cartouches aux Marseillais, contre les réclamations de son collègue Sergent , qui s'est montré ensuite assez chaud patriote depuis le io.
L’abbé Verteuil, qui a servi la patrie de sa plume et de son bras , qui n'a jamais dévié un moment , et qui ne marche pas moins le premier à la tête d’un canon , qu’il ne démasque les traîtres dans ses écrits.
Fréron , l’Orateur du Peuple, digne collègue de l’Ami du Peuple , ayant partagé partie de ses dangers et , comme lui , frappé plusieurs fois d’anathème.
Le père Rafron Dutrouillet , qui conserve en dépit des ans la ferveur du civisme et la vigueur de la raison.
Laignelot; J. -Pierre Duplain ; Paris, le greffier; Lhuillier, de la section Mauconseil ; Fauchet, homme de lettres ; Boucher de Saint-Sauveur*, Fourcroy , médecin; Vachard , électeur; Deforgues ; Guermeur; David , peintre .
Citoyens ! Pétion va donner sa démission; l’homme le plus digne de le remplacer dans un emploi aussi important à la sûreté publique , et dont les fonctions épineuses n’exigent pas moins d’énergie que de talents , est Panis l’administrateur. Son civisme s’est conservé pur à travers tous les orages de la révolution. Citoyens, votre triomphe dépend du choix que vous ferez ; car vous êtes encore environnés d’ennemis redoutables , qui n’attendent que l’élection de quelque patriote faible et suspect pour se relever et vous écraser.
De l’imprimerie de Marat.
MARAT