ACTE 1, SCÈNE M
père sournois , j'ai dA me faire moi-même ce que je suis... ra m'a coûté hoaucoLip... Maisenfin , j'y suis parvenu... mes parents sont morts en me laissant des dettes criardes à payer... Ils n'avaient que ça... Je ne me suis pas présenté pour recueillir lasucression. J'avais bien quelques oncles riches... mais c'étaient des marchands. .. de ces gens qui ne connaissent quel'argent... Ils ont trouvé mauvais que je me sois fait homme de génie. Je leur ai envoyé des journaux où étaient mes articles... Ils ne m'ont pas même répondu... Vandales !.. Slaisjo me passerai d'eux... Grâce au ciel , ma réputation commence à percer , ça été long .. mais du moment qu'on perce , ça va tout seul... lit ce roman monstre que je viens de terminer, va me placer aux sommités du Parnasse ! Il était temps que je finisse... Je suis totalement... dégommé. Et chez moi , aucune espèce d'objets qui puisse être agréable à ma tante... mais j'ai envoyé mon manuscrit et mes canards au directeur du journal... Je le prie de m'avancer deux cents francs sur mes feuilletons. Il ne peut me refuser cela ! Sur les deux cents francs qu'on va m'envoyer , je ferai un présent à mon amante... Je ne lui achèterai pas un écrin de mille écus... à moins qu'on ne veuille se contenter de cent francs d'acompte... c'est une proposition à faire.
vu co.MMissiOi>-?iAiHE , eiitr' ouvant la porte au fond.
M. Boursicct est-il ici , s'il vous plaît ?
BOURSICOT
Eh ! c'est mon commissionnaire... arrive donc, je commençais à m'impalieuter ! Tu as trouvé le directeur du journal ?
LE C05I.MISS10NNAlriE.
Oui, monsieur^ oui, je l'ai trouvé.
BOURSICOT
Voyons ce qu'il t'a remis pour moi.
LE coMSiissioNNAiRE , Itii donnant ttne lettre. Voilà d'abord une lettre.
BOLBSicoT , la prenant.
Oh !.. ce n'est pas le plus important... Tu dois avoir autre chose... un rouleau.
LE COMMISSIONNAIRE sortant un énorme rouleau cacheté de sa poche.
Oui , monsieur... voici le rouleau...
BOURSICOT
Bigre !.. quelle grosseur !.. Je ne lui avais demande que deux cents francs... il m'en envoie au moins deux mille... Il aura été enchanté de mon roman. ( // pèse le rouleau. ) C'est bien léger !.. Tu n'as pas autre chose ?..
LE CO.MMISSIONNAIBE. ■
Kon , monsieur, c'est bien là tout ce qu'on m'a dit do vous remettre. Voilà ma commission [aitc... Salut , Monsieur!.. ( il sort.) BOURSICOT , ( seul ; il pèse encore le rouleau. )
l'our un rouleau d'arucnl . ce n'c;t pas assez
lourd , serait-ce des billets de banque ! fichtro ! mais il y aurait là dedans de quoi acheter... le passage des Panoramas... Je ne sais pourquoi il me passe des frémissements dans les cheveux... Faut-il briser les cachets du rouleau ?.. ou celui do la lettre?.. 11 n'y en a qu'un à la lettre... ce sera plus tôt fait... ( il ouvre la lettre et lit. ) « Mon cher Boursicot... « Ah! c'est du directeur • du journal. • Vous avez infînimenl d'esprit; mais « les canards que vous m'envoyez ont déjà été « imprimés une cinquantaine de fois , au moins, « tâchez d'en inventer de moins connus... quant « à votre roman dialogué , le peu que j'en ai lu « m'a semblé trop horrible... Dans lo 'r'' chapitre « qui a douze scènes, j'ai vu 3 morts , dans le se- I cond 4 morts... Enfin, dans le chapitre sui- « vaut , où il y a vingt scènes , je suis arrivé à 5 « morts... Je n'ai pas voulu aller plus loin... Je « vous renvoie votre copie et vos canards , en « vous priant do croire à mes regrets » ( il froisse lalettre arec colère. ) Tes regrets, animal, buse! Et il me renvoie mon ouvrage... Un chef-d'œuvre !... Et il ne m'avance pas d'argent! Qu'est-ce que je vais donc faire ? Sapristio ! Qu'est-ce que je vais donc devenir? moi et mon rouleau !.. ( il essaie de le fourrer dans sa poche. ) C'est qu'il ne veut pasy entrer môme... Pasd'argent!.. aujourd'hui... quant je dois faire partie d'un pique-nique... Pas un sou. . quand je vais avoir sous le bras une des plus jolies femmes de la 4™" légion... qui s'attend à recevoir de moi un gage d'amour... et à qui j'avais même offert une visite... Et qui refusera bientôt la mienne... parce que je ne suispasen velours. C'est à en perdre la tête... C'est à se mettre à califourchon sur l'obélisque t ( il essaie de fourrer son rouleau dans sa poche.) Ah 1 ça, vas-tu te tenir quelque part , toi ?
Air : lime faudra, etc.
Etre vulé, faire naufrage, Perdre un œil, tuiubor de cheval, Etre frustré d'un héritage.
Se laisser dioir dans le canal , Avoir un uiallicur... conjugal.
Par un accident impossible.
Dans un tunnel qui vous sort de tombeau. Voir son wagon mis en morceau...
Tout cela, c'est bien moins terrible Que d'ètie au bout de son rouleau ,