MARON.NARD
Ail! uousvoici, U. Boursicot... Pardon do vous avoir fait attendre... ff.ais Junon voulait mon avis
PlACr: YE^iTADULIl,
sur lo clioix d'un ruban, c'était assez vétilleux!...
BOURSIOOT.
Oh! il no fdllait jias vous gêner... rien ne presse...
BALLON
Sîais, si fait... nous n'avons pas trop de temps devant nous... Dans une demi-heure, ces dames seront prêtes, moi, jo \eux faire une surprise à Cornaline... Je sais qu'elle adore les crevettes. On n'en trouve pas toujours à la campagne, je vais en acheter chez Chevet.
MARONNAriD.
Tiens, cest gentil, ça... Parbleu ! vous me donnez une idée. Junon a un faible pour les melons, je vais en acheter un de premier choix. BouRsicoT, à part.
Si jo disais que j'ai été volé '....
BALLON
D'abord, aujourd'hui, il ne s'agit pas de regarder à la dépense, il faut traiter nos dames comme des sultanes.
JIARONXAnD.
Oh! oui... il faut faire les choses grandement... N'est-ce pas votre avis, JI. Boursicot?
BOLRSICOT.
Oui, oui... je suis de votre avis, j'en suis, (à part.) Si je leur empruntais de l'argent!
MAnONNARD.
Quand nous dépenserions vingt francs chacun, pour un repas de fiançailles, on peut se permettre cela !
BOURSICOT
Ah! mon Dieu! vingt francs! cinquante francs!., dans ce moment, ça ne me gênerait pas davantage...
BALLON
Je gage que do votre côté, vous ménagez une surprise à mademoiselle Atalantc :
BOURSICOT
Comme vous dites... je lui en ménage une... à laquelle elle ne s'attend guère.
MAUONXARD.
Ah! I^t les voilures auxquelles nous ne pensions jjas? Quand je dis les... nous ne sommes que six , un grand liacre pourrait suffire... On fait son prix d'avance.
BALLON
Il y a des tajiissières fort propres... Nous serions pi us à l'aise.
MAROXNAHD.
Laissons M. Boursicot se charger do ce soin... Je suis silr qu'il trouvera co qu'il nous faut... N'est-ce pas?... vous voulez bien vous charger de la voilure?
BOURSICOT
Ali! vous voulez que... Au fait, pourquoi dor.c ne m'en chargerais-je pas!... il ne m'en cuiiieia p.l;^ plus...
BALLON, vntjant li> rouleau qui so)-( ile sa poche. Prenez garde!... vous allez perdre un rouleau...
BOURSICOT
Ah! merci!... Diable! si je le perdais!... Ça représente une valeur de vingt mille francs.
MARONNARD.
Vraiment!... Vous devriez le tenir sous votre bras, alors.
BOURSICOT, se tâtant.
.4h ! ah! fichtre! ah! étourdi que je suis, je n'en fais jamais d'autres.
BALLON
Vous auriez perdu un rouleau semblable!
BOURSICOT
Non, mais j'ai oubfié ma bourse! .Ah! mon Dieu! oui, je me rap^ielle... je l'ai laissée chez moi, sur mon somno! Je venais de la farcir de napoléons cl je l'ai laissée... Mais c'est que je n'ai pas un sou, à présent!... Oh? c'est forl drôle!...
SIARO.NNARD.
Comme c'est heureux que vous vous en aperceviez à présent... Vous avez encore le temps d'aller chez vous... Prenez un cabriolet à l'heure... Il y en a en bas... On prend un cabriolet... ou se fait conduire chez soi... puis, on fait ses courses... C'est très commode.
BOURSICOT, à part.
Gredin, va! (Haut.) Oui... c'est une idée... ça me fait bien plaisir que vous m'ayez donné ce moyen-là.
MARONNARD.
Demeurez-vous loin d'ici.'
BOURSICOT
Pas mal... Place Vcntadour !...
MARONNARD,
On prend un cabriolet de régie, cl on va plus vite, c'est encore une idée!
BOURSICOT
Ça fait deux que jo vous devrai!
BALLON
Allons , en roule.... Descendez- vous avec
nous?
BOURSICOT
Non, madcmoiscllo Atalantc a un mot à mo dire.
MARONNARD.
Très bien ! mais ne causez pas trop longtemps... et n'oubliez pas la locomotive.
BOURSICOT, à part.
S'ils ne vont jamais cjue dans celle-là, ils ne risqueront pas de sauter!
ENSEMBLE
Air : Jolie fitle de Gand (Final.)]
BOIBSICOT,
SU» comptent sur le cliar Qui doit sans relard