‹ Place VentadourChapitre 22 sur 42 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

ATALANTE , JUNON , CORNALINE , BOUR- SICOT, MARONXARD, BALLON, GENS DU BAL , 3 MUSICIENS A L'ORCHESTRE. ( An lever du rideau , on est en train de danser un quadrille... Boursicot qui danse en face de Junon , brouille toutes les figures. )

BALLON , to'.ii en balançant.

Prenez donc garde, M. Boursicot... ce n'est pas ça... Balancez à votre dame.

BOURSICOT , en damant.

Ça ne fait rien.. . c'est toujours danser... allons, mon Atalante... à nous deux le galop.

AT.VLANTIS

Pas encore... tout-à-l'lieurc...

BOURSICOT , faisant galo fer Atalante.

Ça m'est égal... je \eux galoper tout de suite.

BALLON

Il a le diable au co^^s {.. {il continue de galoper. Chacun se décide à limiter. Le quadrille finit ) tout le monde se disperse. )

MARONNABD , s'essuijant le front (1).

Ouf ! je n'en puis plus ! C'est gentil la danse, c'est dommage que ça éreinte , surtout après dîner.

.BounsicoT.

J'espère que nous nous en sommes donné !.. Je ne me croyais pas aussi fort danseur... Atalante , êtes-vous satisfaite de votre cavalier ?.. ATALANTE, lui présentant la jouc. , Tenez... voilà ma réponse !..

BOURSICOT

Ah ! je la goûte '... ( il l'embrasse. )

JIARONNAIID.

Si nous fesions chorus ?

JUNON

Je n'y vois pas d'empêchement moral !..

Sous la verdure, ces choses-là se font. ( Ils s'embrassent. )

BOURSICOT

Ah ! ça , et le punch glacé que j'ai demandé, on ne l'apporte donc pas ?

ATALANTE

Du punch glacé !..

JUNON

(1) Junon , Maronnord, Atalande , Bo;u'sicot, Cornaline, liallon.

Comment? nous allons encore prendre quelque chose ?

BOURSICOT

Toujours... quand une fois on a contracté l'habitude de prendre ça devient un besoin, (à part. ) Et puis , il faut que je m'étourdisse... ça endort ma conscience... et depuis que j'ai dîné, elle commence à ronfler. ( haut. ) Atleudez-moi là , mesdames , je vais voir si l'on nous sert. ( il entre dans le café. )

ATALANTE

Eh! bien, mesdames, direz-vous encore que M. Boursicot n'est pas galant... qu'il craint de payer sa part d'un pique-nique.

5IAR0NNARD.

Oh ! par exemple ! Il n'est plus possible de douter de ses moyens.,, audincr, ilavoulu régaler de Champagne.

BALLON

Et Dieu merci , il ne l'a pas épargné.

CORNALINE

C'est-à-dire qu'à présent, c'est tout le contraire d'autrefois... Il a l'air do jeter l'argent par la fenêtre !

JUNON

Oh ! oui, c'est bien singulier!., un changement si subit... Certainement je ne suspecte pas la source de la fortune de M. Boursicot... mais depuis qu'il sème l'or à pleines mains , sa gailé ne me semble pas naturelle... on dirait quelqu'un qui cherche à s'étourdir.

CORNALINE

C'est vrai... ça m'a frappé aussi !.,.

ATALANTE

En vérité^ Junon, avec vous, on no sait comment faire... vous trouvez toujours à médire... mais, au reste, cela no m'étonne pas... vous ragez de voir tout ce que M. Boursicot m'a donné.

.'UNON.

Moi ? par exemple !.. Est-ce que je n'ai pas mon gros Tibullo ?.. il dépense moins pour moi , c'est vrai... mais ça n'empêche pas qu'il en vaut bien un autre.

UARONNARD , à part.

Oh ! que c'est méchant ce qu'elle dit là !..

AccAciA , en dehors.

Mais je vous dis que je n'irai pas dans la danse... J'entre seulement pour chercher quelqu'un.

Cette voix....

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