SCÈNE PREMIERE
ATALANTE , JUNON , CORNALINE , BOUR- SICOT, MARONXARD, BALLON, GENS DU BAL , 3 MUSICIENS A L'ORCHESTRE. ( An lever du rideau , on est en train de danser un quadrille... Boursicot qui danse en face de Junon , brouille toutes les figures. )
BALLON , to'.ii en balançant.
Prenez donc garde, M. Boursicot... ce n'est pas ça... Balancez à votre dame.
BOURSICOT , en damant.
Ça ne fait rien.. . c'est toujours danser... allons, mon Atalante... à nous deux le galop.
AT.VLANTIS
Pas encore... tout-à-l'lieurc...
BOURSICOT , faisant galo fer Atalante.
Ça m'est égal... je \eux galoper tout de suite.
BALLON
Il a le diable au co^^s {.. {il continue de galoper. Chacun se décide à limiter. Le quadrille finit ) tout le monde se disperse. )
MARONNABD , s'essuijant le front (1).
Ouf ! je n'en puis plus ! C'est gentil la danse, c'est dommage que ça éreinte , surtout après dîner.
.BounsicoT.
J'espère que nous nous en sommes donné !.. Je ne me croyais pas aussi fort danseur... Atalante , êtes-vous satisfaite de votre cavalier ?.. ATALANTE, lui présentant la jouc. , Tenez... voilà ma réponse !..
BOURSICOT
Ah ! je la goûte '... ( il l'embrasse. )
JIARONNAIID.
Si nous fesions chorus ?
JUNON
Je n'y vois pas d'empêchement moral !..
Sous la verdure, ces choses-là se font. ( Ils s'embrassent. )
BOURSICOT
Ah ! ça , et le punch glacé que j'ai demandé, on ne l'apporte donc pas ?
ATALANTE
Du punch glacé !..
JUNON
(1) Junon , Maronnord, Atalande , Bo;u'sicot, Cornaline, liallon.
Comment? nous allons encore prendre quelque chose ?
BOURSICOT
Toujours... quand une fois on a contracté l'habitude de prendre ça devient un besoin, (à part. ) Et puis , il faut que je m'étourdisse... ça endort ma conscience... et depuis que j'ai dîné, elle commence à ronfler. ( haut. ) Atleudez-moi là , mesdames , je vais voir si l'on nous sert. ( il entre dans le café. )
ATALANTE
Eh! bien, mesdames, direz-vous encore que M. Boursicot n'est pas galant... qu'il craint de payer sa part d'un pique-nique.
5IAR0NNARD.
Oh ! par exemple ! Il n'est plus possible de douter de ses moyens.,, audincr, ilavoulu régaler de Champagne.
BALLON
Et Dieu merci , il ne l'a pas épargné.
CORNALINE
C'est-à-dire qu'à présent, c'est tout le contraire d'autrefois... Il a l'air do jeter l'argent par la fenêtre !
JUNON
Oh ! oui, c'est bien singulier!., un changement si subit... Certainement je ne suspecte pas la source de la fortune de M. Boursicot... mais depuis qu'il sème l'or à pleines mains , sa gailé ne me semble pas naturelle... on dirait quelqu'un qui cherche à s'étourdir.
CORNALINE
C'est vrai... ça m'a frappé aussi !.,.
ATALANTE
En vérité^ Junon, avec vous, on no sait comment faire... vous trouvez toujours à médire... mais, au reste, cela no m'étonne pas... vous ragez de voir tout ce que M. Boursicot m'a donné.
.'UNON.
Moi ? par exemple !.. Est-ce que je n'ai pas mon gros Tibullo ?.. il dépense moins pour moi , c'est vrai... mais ça n'empêche pas qu'il en vaut bien un autre.
UARONNARD , à part.
Oh ! que c'est méchant ce qu'elle dit là !..
AccAciA , en dehors.
Mais je vous dis que je n'irai pas dans la danse... J'entre seulement pour chercher quelqu'un.
Cette voix....