‹ PlacentinChapitre 23 sur 95 · Ghiappelli. Lo Studio bologn. p. 34 et s · texte numérisé non relu

Ghiappelli. Lo Studio bologn. p. 34 et s

illuminator » ont accompagné son nom à travers l'histoire. La légende lui attribuait le travail fabuleux d'avoir à lui seul fait renaître la plus monumentale des législations. Personne ne contestait la grandeur de ce génie juridique, tandis que cent ans après sa mort, au milieu du xiii* siècle, ses œuvres étaient déjà perdues et que son esprit ne passait dans la doctrine que par le plagiat de ses élèves (1). Le dédain que fit naître la Renaissance pour tout ce qui touche au Moyen-Age, devait laisser bien des siècles dans l'oubli les écrits d'Irnerius. Savigny même ne donne sur ses œuvres que bien peu de renseignements. Pescatore a fait un travail d'ensemble sur les gloses du premier glossateur. Les publications de Fitting, l'importance des reconstitutions accomplies attireront sûrement la science juridique aux travaux d'interprétation, qui restent encore à faire pour comprendre l'histoire d'un droit auxquelles nos législations modernes doivent une si grande part.

§ 3. — Les quatre docteurs. — Après la mort d'Irnerius, au milieu du xii° siècle, quatre docteurs dont les noms sont inséparables dans l'histoire et dans les traditions de l'école ont continué l'enseignement du maître et fait de Bologne le centre des études juridiques. Ce sont : Bulgarus, Martinus, Jacobus et Hugo.

On a considéré longtemps, d'après un récit d'Otto Morena (2), les quatre docteurs comme les élèves immé-

1. Odofredus considérait la Summa Godicis de Rogerius comme la plus ancienne; celle d'Irnérius lui était inconnue.

2. a Istorum autem quatuor doctorum, et quamplurimorum aliorum fuit Magister Dominus Guarnerius doctor antiquus, ad quem cum in extremis laboraret, accesserunt sui scolares dicentes : Domine quem vultis post mortem vestram doctorum nobis constituere. Quibus ipse respondit per hsec duo carmina :

diats d'Irnerius. Savigny (1) croit que le fait est au moins invraisemblable et que la différence d'âge est trop grande entre les deux générations pour qu'on puisse les relier directement. Il existerait donc dans l'histoire de Bologne une lacune, une génération intermédiaire qui aurait disparu sans laisser de nom, ni d'œuvre. Gomme l'a fait remarquer Pescatore, les observations de Savigny sont loin d'être concluantes. Irnerius vivait encore en 1125; les quatre docteurs sont morts dans les environs de 1170; Bulgaras mort en 1166, vécut très vieux, jusqu'à tomber en enfancîe Il serait, du reste, assez étonnant que les élèves directs d'Irnerius, ayant vécu et professé à Bologne, n'y aient laissé aucune trace. Il est donc préférable de considérer les vquatre docteurs comme les successeurs immédiats du maître et la seconde génération des glossateurs. Aucune époque n'a laissé dans l'école de Bologne de plus belles traditions. Alors que la vie d'Irnerius parait presque inconnue aux Bolonais du xiip siècle, ils aiment à raconter toutes les anecdotes que la tradition rattache à l'explication de la loi par les quatre docteurs. Le vieux texte romain perd sa physionomie abstraite au contact avec la légende et l'esprit universitaire se forme par cet attachement au passé. Surtout aux époques où l'esprit juridique sera écrasé par les sèches énumérations des continuateurs d'Azo, les professeurs sentiront la nécessité de relever leur enseignement par des récits plus ou moins authentiques sur les

Biilgariis os aiireiim, Martiniis copia legiim. Mens legiim es Hugo, Jacobus ici quod ego.

Le caractère légendaire de ce récit ne saurait ôter son autorité à l'affirmation de Morena sur l'àge respectif des Bolonais.

3. Savigny IV, 72. En sens contraire : Sarti. De clar. Arch. Bon. p. 28. Pescatore. Gl. d. Irn. p. 33. Fitting. Anfœnge p. 103.

premiers âges universitaires. Savigny après Sarti(l) en réunissant ces passages a pu rendre la physionomie vivante et originale des quatre docteurs et du milieu où ils ont professé.

Bulgarus est surnommé ^ os aureum > (2) de son vivant, peut-être même par Irnerius. Il représente dans l'école le type du jurisconsulte profondément honnête et indépendant (3). Devant l'empereur, il refuse de lui reconnaître un droit de propriété sur la fortune des particuliers et se console par un jeu de mots de la dis-

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