LA SCIENCE JURIDIQUE HORS D 'ITALIE
procédés, la brièveté et la sécheresse dans la composition, la précision dans l'exposé des principes, l'abondance des citations.
Johannes Bassianus était encore un praticien. Azo en parle souvent comme avocat contre d'autres jurisconsultes. 11 rend une sentence assez curieuse au sujet de la commune d'Ardée ; il occupa sans doute une fonction judiciaire dans une ville de Lombardie (1).
§ S- — La diffusion de la science juridique. — Dans la seconde moitié du xn^ siècle, un certain nombre de jurisconsultes, après avoir étudié à Bologne, vont répandre dans d'autres pays la science des glossateurs. Les plus illustres dans l'école préféraient sans doute enseigner dans la ville-mère de la rénovation juridique; ceux qui s'en expatriaient étaient le plus souvent des professeurs peu connus, obligés d'aller à l'étranger chercher des auditeurs. Assez peu de noms ont survécu de ces propagateurs de la science; peu de pays ont eu comme Montpellier un Placentin pour répandre la science juridique avec l'autorité d'un maître et d'un chef d'école. Cependant quelipes noms sont restés et l'un d'eux se rattache directement à l'école bolonaise.
Vacarius (2) d'origine lombarde, emporta en Angle-
1. Lect. Az.ad. God.l. 8,1, 14,verbis cum omnes consenserint : « Item dico eos tune consentire cum pulsatur ad concionem, et veniunt et dicunt : Sia, sia. Et sic pronunciavit dominus .lo. contra commune Ardensium, quod promiserat suL pœna ne incideret quoddam nemiis. Et postea pulsato ad concionem venerunt omnes et cum securibus iverunt incidere nemus. »
2. Wenck. Magister Vacarius. Le droit romain souleva en Angleterre une vive opposition. Le caractère anglais est rebelle aux procédés scientifiques de l'interprétation du droit. Un philosophe comme Roger Bacon, en plein xiiie siècle, a complètement méconnu la portée de la rénovation irnérienne. Pour lui le Cor-
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terre la science des glossateurs. Il professait à Tuniversité d'Oxford, mais la jalousie des maîtres in artibus suscita contre lui la méfiance du pouvoir. Le roi Stephan prohiba l'enseignement du droit romain ; il est vrai que cet édit ne fut pas appliqué. Le principal ouvrage de Vacarius fut un résumé des principes juridiques d'application la plus fréquente à l'usage des étudiants pauvres et enfin de les dispenser de l'achat d'ouvrages coûteux.
Les gloses de son ouvrage font mention d'un Robertus, qu'on suppose lui avoir succédé à l'Université d'Oxford.
Dans le Nord de la France, la science irnérienno a été transmise non par des juristes de profession, mais par le clergé. Johannes Sarisberiensis, évoque de Chartres en 1180, était accessoirement un jurisconsulte; Savigny loue le talent avec lequel il fait usage des sources romaines dans son PoUcraticus. On cite encore Petrus Blesensis, élève du précédent; Guillelmus Malmesburiensis et Sylvester Giraldus. A ce dernier Gross attribue VOrdo judiciarius (2), œuvre anonyme. L'auteur en était un canoniste; il avait étudié à Bologne et parle de la Lombardie. Il connaît les glossateurs et son œuvre présente de grandes qualités de pureté juridique et de clarté. Il y a tout lieu de croire , d'après la langue et les noms de lieux cités, qu'il fut écrit à Paris; on en place la date entre 1170 et 1180. On y trouve cité un magister Waltherus probablement professeur à la même Université.
pusjuris est une rédaction de coutumes itaUennes et il blâme le clergé d'en adopter l'esprit. Id., p. 33. Extrait de Bacon Opus Minus.