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CHRONOLOGIE

rivée de Placentin à Montpellier. Il est donc impossible de concilier ces diverses hypothèses. On peut d'ailleurs relever quelques circonstances qui peuvent permettre de placer entre les deux chronologies extrêmes une série de dates plus vraisemblables des divers événements de sa vie.

Le dernier séjour à Montpellier fut san^ doute assez court. On ne peut guère le considérer comme dépassant quatre années, ni inférieur à une année. Des travaux projetés, une faible partie a pu être réalisée. Il est encore assez vraisemblable que l'auteur de la Summa aux Très Libri n'avait pas un âge fort avancé lorsqu'il annonçait son intention d'entreprendre un grand résumé des Pandectes.

La durée de son dernier séjour en Italie nous est connue : deux mois à peine après son arrivée à Plaisance, ses amis de Bologne l'entraînent dans cette ville; il y professe deux ans; il retourne dans sa ville natale, y reste quatre ans avant de repartir pour Montpellier. En ajoutant aux six ans de cet enseignement en Italie, ses dernières années dans notre ville, on doit en conclure que Placentin ne put la quitter et retourner dans sa patrie après 1185, ni avant 1181. Or, entre ces deux dates, un événement a rendu aux villes lombardes la tranquillité nécessaire à un professorat normal. La défaite de Barberousse à Legnano suivie de la paix de Constance date de 1183 et, si l'on adopte mon opinion sur le caractère politique de l'exil de Placentin, il devient très vraisemblable qu'il voulut rentrer dans sa patrie dès que la querelle fut terminée au profit de ses partisans, c'est-à-dii'C peu après 1183.

Il est plus difficile de déterminer la durée du premier séjour de Placentin à Montpellier. Il fut relativevement long. Dans les premières années, il composa

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ses deux plus importants travaux, la Summa Codicis, la Summa Institutionum ; il dut rester encore bien des années, — « longe postea » dit-il — avant de partir pour l'Italie. Je ne crois pas cependant qu'on puisse avec la tradition placer entre 1160 et 1162 son arrivée dans le midi de la France. La composition de la Summa Codicis est peut-être le premier acte de son enseignement à Montpellier. L'outrage subi à Bologne, les difficultés d'un professorat dans un pays où le droit romain n'avait qu'une valeur relative, où les auditeurs manquaient des ouvrages nécessaires pour comprendre le cours, obligeaient le professeur à écraser par ses travaux personnels ses adversaires et à donner à ses élèves un manuel pour les mettre au courant de la science juridique. Or, la Somme au code de Placentin,est forcément postérieure — sans doute de beaucoup postérieure — à 1162. Rogerius était mort lorsqu'il l'entreprit et en 1162, Rogerius plaidait devant l'empereur pour Hugues des Baux.

En remontant toujours dnns la vie de notre jurisconsulte, son professorat à Bologne précède immédiatement son départ pour Montpellier. Qu'il ait osé venir dans la grande ville universitaire se mesurer avec les quatre docteurs peut paraître douteux; après leurs morts, au contraire, après la mort de Martinus, il était désigné pour prendre sa succession. Parmi les « Gosiani » de sa génération, il est le seul dont Je nom ait survécu. Il faudrait, si l'on admet cette hypothèse, placer cette tentative malheureuse, et son départ pour Montpellier dans les environs de 1166. Son traité sur les actions, dernier travail à Mantoue,ne serait que de quelques années antérieur et comme dans cet ouvrage, il se quaUfle de « juvenis » et qu'il avait cependant déjà professé quelque temps dans cette yille,

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sa naissance peut, selon toutes probabilités, se placer dans les environs de 1135.

Voici en résumé la chronologie qui me paraît la plus vraisemblable : naissance de Placentin vers 1135; études à Bologne vers 1158, époque de la diète de Roncaglia. Traité « de varietate actionum » entre 1162 et 1165; enseignement à Bologne et premier départ pour Montpellier entre 1166 et 1170. Retour en Italie en 1183. Second départ pour Montpellier en 1189. Mort le 12 février 1192, avant 60 ans. Il est à croire que pour s'expatrier une seconde fois et projeter de longs travaux juridiques, Placentin était encore en pleine maturité.

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Malgré le peu de renseignements sur la vie des glossateurs, on a pu cependant reconstituer, d'après la tradition, des ligures assez vivantes, souvent en harmonie avec leurs oeuvres. La probité de Bulgarus et sa bonhomie, la jalousie et le servihsme de Martinus, les moeurs un peu trop libres d'Albericus ont passé dans la légende de l'école. Le caractère de Placentin est vivement critiqué par ses biographes. Sarti entr'autres le juge très sévèrement. 11 lui reproche son excessif orgueil ; il s'indigne de ses jactances dans la préface de la summa aux très libri où il célèbre son triomp le à Bologne : « Alios praeceptores ad limen invidise provocavi, scholas eopum discipulis vacuavi, jurisarcana pandidi, legum contraria compescui, occulta potentissime reseravi ». Ailleurs Sarti (1) blâme la violence de son lan-

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