Sarti, op. cit., P. I, p
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gage « erat in dicendo liberrimus et audacissimus ». Il est certain que Placentin parmi ses contemporains et ses successeurs n'a guère été sympathique ; sans oser attaquer direcîtement sa valeur, beaucoup de glossateurs le contredisent de parti pris tout en ne se gênant pas pour piller ses ouvrages.
On ne peut guère relever le grief d'orgueil chez notre jurisconsulte sans faire remarquer qu'il s'agit d'un défaut professionnel, auquel bien peu parmi les glossateurs ont pu échapper. Ils emploient certes toutes les formules de modestie en usage à leur époque, font remarquer que leur œuvre sera forcément imparfaite, qu'ils ne peuvent échapper à 1' « humanse imbecillitati »; mais aucun ne parvient à cacher la haute opinion qu^il a de son propre talent (1). Ils se trahissent dans leurs écrits avec plus ou moins de naïveté. Irnerius s'appelle « peritissimus » et le défaut était général, ainsi que le dit Fitting, tellement que pour échapper au péché d'orgueil Anselme le p^ripatéticien recommande de ne pas étudier le droit. Placentin a peut-être dépassé la mesure à propos de son professorat de Bologne ; c'est le seul passage qu^on puisse lui reprocher, et moins que la vanité, la rancune satisfaite le rend heureux de l'humiliation de ses ennemis.
Placentin fut un caractère assez peu commode. Il aimait à critiquer et savait choisir les termes méprisants et injurieux. Sans parler de ses adversaires, il fait par boutades la satire de de ses amis comme de ses ennemis. La plupart de ces traits sont des violences d'expressions ou des plaisanteries inoffensives. Sa haine contre les Bolonais est explicable; mais d'autres professeurs de droit
1. Fitting. Quest. de jur. subtil., p. 43. Anfœnge der Rechtsschul. Bol., p. LIX.
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OU ès-arts sont malmenés à plusieurs reprises (1). Aux juges de son temps, il reproche leur rapacité, leur amour des procès fructueux : « Yerum nostri temporis judices indignantur si transigatur, nec patiuntur transigi propter lucrum, quod avaritise rapacitate gestiunt extorquere » (Sum. God. 1. VII, tit. 64).
Quoique partisan du Pape contre l'Empereur, il traite souvent le clergé sans trop de respect, appelant « stultissimi prelati » ceux qui, dans ces époques troublées, n'ont pas conscience des droits que leur confèrent les textes. Sur les croisés ou les pèlerins de Jérusalem, il a quelques mots de railleries. « Sed non laudabile est Hierosolymis fuisse sed bene vixisse. Sed et cœlum non animum mutant qui trans mare currunt » (Sum. Cod. 1. I, tit, 22).
Deux boutades sur les femmes ont eu du succès dans l'école. Placentin croit que la femme se développe plus vite que l'homme, parce que la mauvaise herbe grandit plus vite que la bonne. « Maturior enim est sexus feminarum quam virorum, et plus et citius crescit herba malaquam bona » (Sum. God. liv. II, tit. 44). Azo s'est approprié le mot; la glose d'Accurse l'a répandu et Ton en peut suivre la tracejusque dans notre littérature classique. La deuxième critique est plus précise. Placentin reproche aux femmes leur avarice : « Genus mulierum a\arissimum et tenacissimum, pronius est ad accipiendum, quam ad dandum » (Sum. God. liv. V, tit, 3).
1. Nous avons eu l'occasion d'en citer plusieurs exemples. Le passage suivant ne paraît pas s'adresser à des jurisconsultes. L'opinion txue PL combat est en contradiction avec une disposition formelle du Digeste et n'a jamais été soutenue dans l'école. Si la sentence d'un arbitre ordonne à l'une des parties de payer une certaine somme un jour déterminé, le refus par l'adversaire de
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Au fond, cette série de critiques (1) qui ont valu à Place ntin un renom défavorable, prouvent plus de sansgêne et de bonne humeur que de méchanceté. Il fut sans doute redoutable à ses confrères ; dans une époque de concurrence acharnée entre savants, il dut se faire une arme de son esprit.
L'attachement à sa ville fut une des principales causes de son expatriation. S'il fut agressif et moqueur, il eut les qualités de ses défauts, l'indépendance d'esprit et la dignité de conduite.
recevoir au jour indiqué n'entraîne pas libération. Tene était l'opinion de Gelse insérée dans les Pandectes. Sans doute, des praticiens ignorant ce texte admettaient la solution contraire et c*est eux que PI. traite de la façon suivante :
« In sententia stat qui, quantum in se est id agit ut sententise pareat ; ergo si arbiter me tibi certa die pecuniam dare jusserit tu accipere noluisti pœna non committitur, si tamen tibi poste accipere parato non dedero, in pœnam committo, nec enim accipere noluisti. Sed nec hic est modus liberandi, licet id jactitent idiotœ et laici, ut D. eo l. Celsus et le. si postea (fr. 23, 24, IV, 8). Quippe in prsedicta sententia duo sunt arbitri precepta... »
1. Azo donne deux explications de la précocité de la femme par rapport à Thomme « et hoc quia mulieres praesumuntur sagaciores quam masculi... citius enim crescit femina quam masculus et mala herba quam bona » [Leet. Az. sup. Cod. L. 2, 11,45, verbis Testim. honest.). Accurse reproduit à peu près les mêmes termes (Glo. ad. h. leg.). On retrouve la boutade dans la bouche de THarjpagon de Molière parlant de sa fille « Mauvaise herbe croît teneurs » {L'Avare, act. III, se. 10).
La grande glose discute également sur l'avarice des femmes : « Mulier plus de dolo et avaritia participât quam masculus. »