‹ Placentin, sa vie, ses œuvresChapitre 80 sur 95 · Pescatore. Die Glossen des Irnerius, p. 72 et suiv · texte numérisé non relu

Pescatore. Die Glossen des Irnerius, p. 72 et suiv

2. Elles ont etj publiées par Pescatore Beitrœge, elr. Cah. II, n° 6.

288 ŒUVRES DE PLACENTIN

d'espèce, l'exceptio non numerata peccunia crée un régime en faveur du débiteur qui pendant deux ans aura ce moyen de défense. Il est au contraire rigoureusement traité, s'il s'est dit obligé en vertu d'une vente, d'un dépôt. Il sera tenu sans pouvoir faire la preuve contraire. La confessio ad liberandum par laquelle un créancier reconnait que son débiteur est libéré, faite solemniter ne produit effet que dans certains cas déterminés, tels que la numération de la dot.

L'aveu simple dépouillé de toute forme solennelle, se distingue suivant qu'il a lieu in judicio vel extra. In judicio, il équivaut à une condamnation, et en outre si l'on se reconnaît débiteur d'un corps certain ou d'une somme d'argent, il entraîne l'infamie. La confessio donne-t-elle en ce cas une action infactum comme la chose jugée? Tel est le seul point douteux du texte que Placentin soulève dans son exposé et tranche par l'affirmative.

2° La seconde parle de la stipulation pour autrui et distingue dans quels cas elle est nulle.

3° La troisième distinctio de Placentin a pour objet le de interesse. Elle se borne â indiquer que la réparation du dommage doit parfois être limitée au double de l'objet du contrat. Irnerius avait écrit sur la même matière une très longue et très savante distinctio que Placentin ne parait pas avoir connue.

Nous pouvons maintenant apprécier le rôle de Placentin.

Il a dominé la science de son époque ; on doit lui faire un honneur d'en avoir condensé tous les éléments. Irnerius avait laissé à l'école bolonaise d'admirables travaux d'ensemble, qui ont longtemps servi de base à l'enseignement. La seconde génération, celle des quatre docteurs, ne s'est plus contentée des principes ; sa tâche fat d'en déduire les conséquences théoriques et pratiques, d'en relever les applications, d'interpréter dans les textes les dispositions accessoires. Le bagage juridique indispensable au juriste de profession dut augmenter dans de très grandes proportions. Or, les quatre docteurs n'ont écrit que des gloses ou des travaux de détail ; leur œuvre dispersée dans les divers manuscrits du Corpus n'était guère utilisable. Cette période féconde dans la formation de la doctrine fut pauvre en littérature. Des œuvres d'ensemble étaient nécessaires à la formation et à la diffusion des matériaux acquis depuis Irnerius ; ce fut la cause des essais de Rogerius repris et heureusement terminés par Placentin. Il fallait refaire la synthèse de la science des glossateurs ; ce travail était nécessaire pour en assurer le développement et la transmission. Les travaux de Placentin ont assuré le triomphe définitif de l'école de Bologne. Johannes Bassianus a produit autant que lui et

même davantage ; mais il n'a fait qu'imiter son rival. Il fut contraint, pour lui disputer la première place et dans l'intérêt de son école, d'opposer à chaque œuvre du Gosianiste la réponse des Bulgariens. Or Placentin et Johannes sont les deux piliers de la science du xme siècle. Qu'aurait pu faire Azo réduit à ses propres forces ? Accurse aurait-il avec le seul secours des gloses pré-accursiennes édifié sa monumentale compilation ?

Placentin n'a inventé aucun de ses procédés de composition. Il a suivi pas à pas la vieille littérature, et, s'il fallait juger les anciens avec des idées modernes, on pourrait lui reprocher comme à tous ses contemporains de s'en être un peu trop inspiré. Mais il a considérablement développé les travaux de ses devanciers. Il offre de plus qu'Irnerius tout ce qu'a pu acquérir la génération intermédiaire, et, de son propre fonds, le fruit de son travail personnel. Il faut donc distinguer trois éléments dans ses ouvrages. La trame empruntée à quelque écrivain antérieur ; la synthèse de la science que lui ont laissée, ses maîtres immédiats ; et comme troisième élément, les théories et les développements qui lui appartiennent en entier.

Il ne faut pas croire que cette part absolument personnelle n'ait qu'une valeur secondaire; soit une amplification de rhétorique, un vain étalage d'érudition. L'élégance juridique de ses aperçus a surpris les jurisconsultes modernes. Sa perspicacité d'interprète est à louer; mais on doit surtout lui savoir gré d'avoir su faire naître de nouvelles conceptions de droit. Bien souvent, s'il s'écarte des théories romaines, il n'y a pas erreur, mais création. Il se trompe par profondeur de logique et non par superficialité d'observation. Le droit écrit se prête à de semblables équivoques ; il est une restitution d'une législation ancienne, mais

aussi l'édification d'un système rationnel, adaptable aux mœurs et à la science du pays qui l'emploie ; ceux qui ont adopté les anciens textes, n'ont pas renoncé à faire œuvre de jurisconsultes et de logiciens. Ainsi Placentin en formulant ses théories sur l'action, l'usufruit, la division des choses apportait à la science de nouveaux éléments, et son œuvre eût pu être féconde si l'originalité de ses conceptions avait pu vaincre la banalité de ses adversaires.

On doit aussi reconnaître à notre jurisconsulte la clairvoyance dans l'examen de la loi, la profonde connaissance des textes. Son commentaire sur le travail de Bulgarus fait ressortir sa supériorité ? Combien mieux que son prédécesseur, il possède toutes les parties du Corpus et sait y retrouver les exemples et les dérogations, quand il veut les grouper autour d'un principe. Il a, un des premiers, accumulé les citations de textes. Faut-il dédaigner ce côté de son œuvre, croire que cet étalage d'érudition nuit à l'exposé des principes, en alourdit sans utilité la marche? 11 est certain que la théorie et la pratique juridique à la fin du xip siècle, réclamaient ardemment de pareilles citations et les considéraient comme précieuses. Et cela se conçoit. Personne ne peut prétendre connaître à fond l'œuvre du Justinien; personne ne peut l'enseigner d'une façon complète. Des arguments peuvent surgir des passages les plus inattendus ; celui qui connaît le mieux les textes est le mieux armé. Le maître devait à ses élèves de les faire profiter de sa propre expérience, en leur indiquant sur chaque point, les passages qui pouvaient leur servir d'appui. Sans doute, cette tendance finit par être nuisible au droit, l'énumération a tué 'argumentation. Mais, Placentin n'est jamais tombé dans cet excès et l'on ne peut nier qu'employé avec

modération le procédé du renvoi aux sources n'ait augmenté l'autorité scientifique des œuvres de droit.

Ainsi,Pœuvre de Placentin porte les deux caractères de tout génie juridique : une parfaite connaissance de la loi ; une profonde compréhension de l'harmonie générale qui, dans chaque institution, relie entre eux chaque principe.

Préface de Placentin au titre de edilitiis. (Vick 82, p 154, col. 2. Grenoble 391, 2°).

f. 154, c 2 Aput (a) Montem pessulanum constitutus rogatns sum ab auclitoribus meis et a compluribus aliis, ut post Summarum Frogerii confectionem consummationem operis adderem Summas que complerem illas que cunctis pro futuras in médium promulgarem (b). Quod quia uisum est mini utile, multum laborem subii, quia difflcillimum (c) titubavi, quia invi [n] cibile (d) desperavi. Verum diuini numinis inuocato presidio quod imperitia ueretur infirmitas aspernatur dilectio ministrabit. Quicquid enim libentius agitur facilius perpetratur, et quod ex affeccione descendit prosperum sepe sortitur euentum. Ea propter aggrediar rem difficillimam, experiar rem laboriosissimam. Et si quid minus plene, minus [facto] ve (e) facete incompositoque sermone positum

a. Aput, om. V.

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