‹ Plaidoyer de M.O. Desmarais dans l'affaire de Napoléon Demers [microforme]Chapitre 3 sur 19 · CHERS MESSIEURS · texte numérisé non relu

CHERS MESSIEURS

La demande que vous me faites de vous permettre la publication du plaidoyer prononcé par moi dans le procès Demers m’embarrasse fort,

On y cherchera peut être de la littérature ; ce qu’il est impossible de trouver dans l'analyse improvisée d’une preuve aussi considérable,

Un plaidover de ce genre peut, aussi, paraître incomplet à la lecture, si on oublie qu’il s'adresse à douze hommes qui viennent d'entendre tous les détails de l'affaire et à qui il suffit de rappeler par un mot, des faits qui n’ont été établis qu'après de longues heures d’interrogatoire,

Je viens de parcourir les notes sténographiques que l’on m’a remise hier et je vous avoue que si je n’écoutais que mon amour propre, je refuserais de condescendre à votre désir. Mais il ne s’agit pas de moi, il s’agit de compléter l’œuvre à laquelle je me suis consacré : détruire la fausse impression créée dans le public par des rapports erronnés, et de faux raisonnements, et réhabiliter un malheureux jeune homme qui à besoin de gagner sa vie.

À ce point de vue la publication du plaidoyer qui est un exposé exact et fidèle des faits de la cause, peut avoir un excellent effet. Beaucoup ne connaissent pas ou connaissent mal cette affaire, et par le moyen que vous m’of. frez un grand nombre peuvent être atteints et renseignés.

Ces considérations me décident à braver la critique de ceux qui ne comprendront pas les raisons que je vous ai indiquées.

Je vous transmets donc les notes sténographiques dans lesquelles je nai corrigé que les erreurs cléricales, assez nombreuses d’ailleurs,

Votre tout dévoué,

Montréal, 10 février 1896.

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