INTRODUCTION
Le 13 juin 1895, Mélanie Massé, épouse de Napoléon Demers, habitant St Henri, était trouvée morte, la gorge trouée de deux horribles blessures. L'enquête commencée vers le 20 juin se termina le 5 juillet et le mari de la victime fut désigné comme l’auteur probable de ce meurtre étrange et horrible,
Le même jour, l’accusé Napoléon Demers fut arrètéet et écroué à la prison du district de Montréal.
L'enquête préliminaire commencée le 9 juillet se termina avec le mois de juillet, et Demers fut condamné par le magistrat M. C. Desnoyers à subir son procès à la Cour du Banc de la Reine.
Le trois septembre, le grand jury ayant rapporté un acte d’accusation contre l’accusé, il fut immédiatement mis en accusation et son procès fixé au 9 du même mois.
Dans l’intervalle, le conseil de la défense, M. Desmarais avait cherché à connaître les intentions de la Couronne relatives à la formation du jury. On lui laissa espérer jusqu’à la dernière minute que le jury serait français, suivant l’usage. Et au moment même de cette formation, on imposa un jury mixte. Les services du conseil anglais, M. C. P. Davidson, ne furent retenus qu'après la formation du jury.
De nombreux témoins furent entendus dnrant de longues séances, et les plaidoieries se terminèrent le 8 octobre après avoir duré trois jours.
Après une charge t'ès défavorable à l'accusé, prononcée par le juge Wurtele, les jurés ne purent s'entendre et furent renvoyés. Ils étaient huit pour l’acquittement, quatre contre ; ces derniers étaient anglais.
Ainsi se terminait la première phase de ce célèbre procès. La preuve s’était terminée le 4 octobre et les plaidoieries et le procès le huit.
Le plaidoyer que nous publions, a été prononcé dans ce premier procès, et a été prononcé en trois séances, couvrant une période de 6 heures et vingt minutes, et les dernières paroles en furent couvertes par les applaudisse ments spontanés de la foule énorme qui remplissait la salle des audiences.
L'avocat déclara dès le 10 octobre, que l'accusé : demandait à suoir immédiatement le second procès rendu nécessaire par le désaccord du jurv.
La Couronne déclara qu’elle n’était pas prête à recommencer, et le juge renvoya le procès au terme de novembre. Une demande d'admission à caution fut alors refusée par la cour.
Dès les premiers jours du terme de novembre, M. Desmarais demanda la fixation immédiate du procès, mais la Couronne n’était pas encore prête. Après plusieurs autres tentations infructueuses, le procès fut enfin fixé au 9 décembre. Ce jour-là, M. Desmarais, demanda à la Cour 1" jury français et
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